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Pour Karine Lacombe, les soignants qui ne veulent pas se faire vacciner doivent "changer de métier"

Invitée ce mardi matin sur BFMTV-RMC, l'infectiologue Karine Lacombe a évoqué l'obligation vaccinale des soignants. "Quand on s'engage dans le soin, on pense aux autres", a-t-elle fait valoir.

La professeure Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris (AP-HP), a évoqué ce mardi sur BFMTV-RMC l'obligation vaccinale des soignants. À partir de ce mercredi 15 septembre, les aide-soignants, infirmiers ou médecins qui ne seront pas vaccinés contre le Covid-19 seront sanctionnés. Cela fait-il craindre une pénurie de personnels dans les hôpitaux? Non, selon l'infectiologue.

"On a des problèmes de fonctionnement mais qui, très honnêtement, ne sont liés aux personnes qui ne veulent pas se faire vacciner. On a des problèmes de fonctionnement parce qu'on a des personnels en burn-out, des personnels qui se sont blessés, ça n'a pas de lien avec le vaccin."

"On ne veut pas se faire vacciner, on change de métier"

Globalement, les 2,7 millions de soignants sont plus vaccinés que la population générale (88% contre 73,6%). Ceux qui refusent toujours se faire vacciner représenteraient "aux alentours de 5 à 10%" des personnels à l'hôpital Saint-Antoine, précise Karine Lacombe.

Si elle refuse de "juger de la responsabilité" des soignants qui ne veulent pas se faire vacciner, estimant qu'il s'agit d'une décision "personnelle", elle estime cependant que ce choix entraîne des conséquences.

"Dans le soin, l'intérêt est collectif. Quand on s'engage dans le soin, on pense aux autres. Et penser aux autres, c'est faire en sorte d'être vacciné, protégé pour ne pas se contaminer et pour ne pas non plus contaminer les autres. C'est une démarche qui est altruiste. On ne veut pas se faire vacciner, on change de métier, on se met en disponibilité."

Jusqu'au 16 octobre, les soignants qui n'auront pas encore reçu leurs deux doses pourront tout de même continuer à exercer en présentant régulièrement un test négatif. Au-delà de ce délai, seul une vaccination complète sera acceptée. Karine Lacombe refuse cependant de se montrer définitive. "Peut-être que ce n'est que transitoire, comme le passe sanitaire. Peut-être que l'obligation vaccinale des soignants sera transitoire, on verra dans le futur."

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV