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Non-reconfinement: pour le Pr. Éric Caumes, "le sanitaire prend trop de place dans cette crise"

Invité ce lundi matin de BFMTV et RMC, le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière estime que l'exécutif a pris "un gros risque" en ne décidant pas d'un nouveau confinement, tout en comprennant leurs raisons.

"On est tous d'accord pour dire qu'il a pris un risque." Tout portait à croire que ce week-end allait être celui où un nouveau confinement, le troisième, allait être décrété pour freiner l'épidémie de Covid-19 en France. Mais à la surprise générale, Jean Castex a finalement annoncé vendredi soir, sur décision d'Emmanuel Macron, un maintien du couvre-feu à 18 heures, agrémenté d’une poignée de mesures supplémentaires. "C'est un gros risque", commente le professeur Éric Caumes, invité ce lundi matin de RMC et BFMTV.

"C'est très difficile de s'exprimer pour toute la France", prévient-il d'emblée, "parce qu'on a tous une approche biaisée par là où on exerce, la situation n'est pas du tout la même dans l'Ouest de la France, qu'elle l'est dans l'Est de la France, dans le Sud ou dans le Nord".

En ce qui le concerne, le chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière à Paris ne cache pas ses inquiétudes quant à la situation dans la capitale. "On voit la courbe monter, donc on est très inquiets." Il développe:

"On est déjà presque à un seuil de saturation des réanimations, on est en train de déprogrammer pour pouvoir accueillir plus de patients, donc oui, on est dans une phase ascendante de l'épidémie."

En choisissant cette option, l'exécutif a estimé qu'il avait encore un peu de temps devant lui avant d'user de la plus restrictive des solutions, et ainsi préserver les Français de l'impact économique et psychique que susciterait une nouvelle mise sous cloche. "On a encore la possibilité d'éviter un reconfinement" a ainsi défendu sur notre antenne Gabriel Attal dimanche, le porte-parole du gouvernement assurant désormais que "le moindre mois, la moindre semaine, le moindre jour de confinement qu'on peut éviter aux Français, il faut qu'on le prenne".

"On accorde trop de place au sanitaire, aux épidémiologistes, aux mathématiciens."

Une approche que comprend Éric Caumes, même s'il fait partie de ceux pour qui un reconfinement aurait dû être décidé: "Honnêtement, je pense qu'effectivement le sanitaire prend trop de place dans cette crise, qu'on n’écoute pas assez les philosophes, etc." Et le médecin spécialisé dans les pathologies infectieuses et tropicales d'aller plus loin:

"On accorde trop de place au sanitaire, aux épidémiologistes, aux mathématiciens, qui prévoient des catastrophes. Je fais partie de ce milieu, j'assume. Je suis médecin, je sais aussi qu'il y a des problèmes psychiques, des problèmes sociaux."

Autant de données et de variables, conclut-il, que le couple exécutif a été "obligé de prendre en compte".

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https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV