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Masque de protection: après le Covid, une habitude qui va rester?

Personnes portant des masques dans les rues de Nantes le 20 février 2021

Personnes portant des masques dans les rues de Nantes le 20 février 2021 - LOIC VENANCE / AFP

Devenu symbole de la lutte contre le Covid-19, le port du masque était avant la pandémie une protection sanitaire conseillée afin d'éviter la propagation d'autres maladies, comme la grippe.

Attaché derrière les oreilles, remontant au-dessus du nez et descendant sous le menton, le masque est devenu un symbole fort de la lutte contre le Covid-19 en France et dans le monde. Cette protection n'est toutefois pas uniquement recommandée dans la lutte contre le Covid, et son usage quotidien ces derniers mois pourrait bien l'imposer plus durablement à l'avenir, dans le cadre d'autres épidémies.

"Le port du masque sera sans doute, à l’avenir, un moyen de protection naturel au-delà de la Covid", a déclaré dans Le Parisien lundi le Premier ministre Jean Castex. "Évidemment, pas de façon permanente, obligatoire, partout et tout le temps, comme aujourd’hui. Mais il pourrait entrer dans les habitudes en Occident, notamment en période de grippe hivernale".

"On a oublié que c'était quelque chose qui se faisait déjà"

"Aujourd'hui, on associe le masque uniquement au Covid-19, mais on n'a rien inventé, cet appareil de protection respiratoire existait déjà avant, il n'y a pas de scoop", rappelle auprès de BFMTV.com Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). "On a oublié que c'était quelque chose qui se faisait déjà, mais à un moindre niveau", ou seulement pour certaines professions comme le personnel soignant.

"Le masque chirurgical permet d’éviter la diffusion 'directe' des virus et des microbes", écrivait ainsi le ministère de la Santé fin 2017. Ainsi, il semble que le port du masque, associé aux autres gestes barrières recommandés pendant l'épidémie - comme le lavage des mains par exemple - aient pu contribuer à diminuer fortement les cas de grippe cette année en France, ou encore de bronchiolites.

"Nous avons eu une saison grippale pratiquement inexistante cette année simplement parce que les gens observaient des gestes de santé publique dirigés principalement contre le Covid-19", a déclaré dimanche sur NBC Anthony Fauci, à la tête de la cellule de crise américaine sur le coronavirus, en répondant à une question sur le port du masque.

Ainsi selon lui, il est probable que d'ici quelques années, les gens "choisissent de porter des masques pour réduire la probabilité de propager les maladies respiratoires".

"Il faut qu'on se réapproprie le masque"

Plusieurs facteurs peuvent toutefois expliquer cette absence d'épidémie de grippe, comme la forte vaccination de cette saison. "Dès les premières semaines de la campagne de vaccination, on a vu une ruée sur les vaccins anti-grippaux. Au final, on a plus de 12 millions de personnes qui sont vaccinées", expliquait à BFMTV en janvier le médecin Jean-Paul Hamon.

En outre, parmi les gestes barrières pour lutter contre la grippe, le site de l'Assurance Maladie recommande le lavage régulier des mains, ou encore de "rester à un mètre des personnes que vous croisez ou rencontrez", soit des mesures similaires à celles mises en place pour l'épidémie de SARS-CoV-2, et martelées depuis plusieurs mois.

La gravité de la pandémie mondiale de Covid-19 a en réalité mis sur le devant de la scène et généralisé des gestes connus pour leur efficacité contre la propagation de certains virus, mais leur visibilité était moindre. Pourtant les respecter pour lutter contre ce coronavirus, c'était aussi lutter contre d'autres maladies. Le risque aujourd'hui, pour Benjamin Davido, est d'associer un geste de protection comme le port du masque seulement au Covid-19, et de ne pas prendre en compte son efficacité sur un plan plus large.

"Il faut qu'on se réapproprie le masque comme un outil de protection respiratoire, et pas seulement comme une restriction du Covid-19. Le masque a d'autres vertus, il ne faut pas le caricaturer", déclare-t-il.
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV