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Les moustiques font leur retour, la guerre s'intensifie

Le moustique tigre est l'une des 100 espèces les plus invasives du monde.

Le moustique tigre est l'une des 100 espèces les plus invasives du monde. - James Gathany - CDC - Domaine public

Les moustiques sont de retour. La direction générale de la santé a, dès le 1er mai dernier, lancé officiellement le début de la surveillance estivale du "tigre", l'espèce la plus dangereuse.

Ils sont là et ne vont plus vous lâcher de l'été. Ces envahisseurs, ce sont les moustiques au premier rang desquels se hisse "aedes albopictus", autrement dit le moustique tigre. Mais si ce voyageur invasif arrivé d'Asie et entré en France en 2012 tient la vedette, il ne faut pas oublier les moustiques communs. Avec la vague de chaleur, la nuisance des moustiques se rappelle à nous. Comme certaines questions que nous avons posées à Jean-Claude Mouret, de la coordination opérationnelle de démoustication de l'EID Méditerranée.

> Les moustiques sont-ils en avance sur le calendrier habituel? 

Pas vraiment, explique en substance Jean-Claude Mouret, à la coordination opérationnelle de démoustication de l'EID Méditerranée. "Les précipitations et les coups de mer (comprendre de fortes marées, NDLR) ont favorisé l'éclosion des larves de moustiques communs. Selon la température, deux espèces émergent dès la fin de l'hiver et le début du printemps. "Aedes detritus" pendant les périodes les plus froides, puis "aedes caspius" pendant les périodes les plus chaudes", explique le spécialiste.

Pour résumer, oui "les conditions ont favorisé l'éclosion des larves et la diffusion de moustiques femelles (les seules à piquer, NDLR)", mais non, "cela n'a rien d'exceptionnel".

> Le particulier peut-il aider à la lutte contre les moustiques?

La réponse est assez décevante, mais "non, pas vraiment, du moins en ce qui concerne le moustique commun", explique l'EID Méditerranée. "Nous traitons une zone qui s'étend de la frontière espagnole, jusqu'à l'étang de Berre, soit 16.000 hectares. Les particuliers ne peuvent pas couvrir de si grandes superficies. D'autant que nous travaillons exclusivement avec des bio-insecticides qui préservent l'environnement."

Et pour les moustiques tigres, la lutte est encore plus âpre. "Cette espèce a trouvé dans nos régions les petits récipients d'eau stagnante, fonds de pot, réserve d'eau, pneus, qui sont les équivalents des petits réceptacles qu'elle trouve dans la nature, en Asie. Ce qui fait qu'on ne peut pas traiter tous les jours, chez les gens, toutes ces sources. Or le plus important, toujours, est de traiter les larves. Le bon geste consiste à se débarrasser de ces objets quand on le peut, ou de les vider régulièrement, ou encore de grillager avec une moustiquaire un réservoir d'eau de pluie qui pourrait être exposé."

Les consignes de préventions peuvent être retrouvées sur le site www.moustiquetigre.org ou encore www.signalement-moustique.fr.

> La progression du moustique tigre est-elle inexorable?

"Oui, le moustique tigre va progresser, quoi qu'il arrive. Il est actif de début mai, jusqu'à novembre. Il profite de ce que nous appelons le 'transport passif' pour s'inviter dans un bateau, une voiture, un train." 

>> Ci-dessous, la carte de propagation du moustique tigre

Carte de propagation du moustique tigre arrêtée à mars 2017.
Carte de propagation du moustique tigre arrêtée à mars 2017. © Ministère des affaires sociales et de la santé

La propagation du moustique tigre est d'autant plus inquiétante qu'il est le vecteur de propagation de maladie grave comme la dengue, le chikungunya ou plus récemment le virus zika

Mais pas d'emballement, prévient Jean-Claude Mouret. "En France métropolitaine, ces virus ne circulent pas librement. La nuisance du moustique tigre est avant tout due à sa piqûre. Il faut pour qu'il y ait contamination qu'un voyageur arrivant des zones à risque se fasse piquer par un moustique tigre qui transmette à son tour le virus à ses congénères. Et si cela arrive, une enquête entomologique est déclenchée par des organismes comme les nôtres. Le point de départ des investigations étant le lieu où a séjourné la personne porteuse de la maladie, après un signalement de l'ARS."

David Namias