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"Les gestes barrières ont totalement explosé": le coup de gueule de Jean-François Delfraissy au Sénat

Le président du Conseil scientifique était auditionné ce jeudi au Sénat dans le cadre du projet de loi sanitaire. Interrogé par plusieurs parlementaires, le médecin a rappelé l'importance fondamentale du respect des gestes barrières pour limiter l'impact de la quatrième vague sur les hôpitaux.

Pour lui, la vaccination n'est pas la seule réponse. Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, était auditionné ce jeudi matin au Sénat pour répondre aux questions des parlementaires sur le projet de loi sanitaire, actuellement débattu à l'Assemblée nationale.

Si le médecin a en grande partie répondu aux interrogations relatives au pass sanitaire et à la campagne vaccinale, Jean-François Delfraissy a tenu à souligner une nouvelle fois l'importance des gestes barrières dans un contexte où la couverture vaccinale, en progression, demeure insuffisante pour contrer le variant Delta.

"On se lave beaucoup moins les mains qu'avant"

"La réponse à la quatrième vague, elle va s'appuyer sur une augmentation de la vaccination et elle va s'appuyer sur l'utilisation du pass sanitaire, mais elle va s'appuyer aussi sur 'où est-ce qu'on se contamine?', sur revenir aux gestes barrières simples, individuels, qui ont totalement explosé", a déclaré le président du Conseil scientifique devant des sénateurs.

Pour illustrer son propos, le médecin a directement interpellé son audience en leur demandant combien de fois par jour chacun et chacune se lavait les mains avec du gel hydroalcoolique, "je préfère ne pas entendre les réponses."

"Vous avez oublié ça, moi aussi un peu! On se lave beaucoup moins les mains qu'avant, on le fait beaucoup moins", confie Jean-François Delfraissy, qui reconnaît aussi que le port du masque peut être pénible notamment en saison estivale, mais néanmoins essentiel. "Dans une phase de très haute contamination telle qu'on va l'être à partir de début août, le port du masque y compris chez les gens vaccinés est quelque chose qui est simple et ne touche pas fondamentalement les libertés républicaines", estime le président du Conseil scientifique.

"On va avoir à vivre avec le variant Delta pendant plusieurs mois"

Face au relâchement constaté des Français, le professeur de médecine estime que ce sont aussi ces "petits gestes, au niveau individuel" qui seront "fondamentaux" pour affronter cette nouvelle vaue, "ce n'est pas que le vaccin".

"Dans les semaines qui viennent, notre capacité non pas à arrêter la vague mais à limiter l'impact sur le système de soins, il est entre les mains de nos concitoyens. Et ce n'est pas seulement de dire 'c'est le pass sanitaire c'est le vaccin', c'est aussi les petites mesures!"

Conscient d'observer une situation semblable à celle de l'été 2020, Jean-François Delfraissy alerte sur deux nouveautés cette année. La première est l'émergence d'un variant bien plus contagieux que n'importe quelle autre souche jusqu'ici détectée.

"Les gens n'ont pas compris ce que c'était qu'un niveau de transmission de 60% plus élevé, je suis frappé par le fait que les médecins eux-mêmes ne le comprennent pas", s'étonne le président du Conseil scientifique. "On a affaire à un variant qui a une capacité de transmission qui change la donne [...] on va avoir à vivre avec le variant Delta pendant plusieurs mois."

Enfin la seconde nouveauté - et non des moindres - que soulève Jean-François Delfraissy est la vaccination, qui réduit considérablement le risque de contracter une forme grave de la maladie: "l'issue de tout ça, c'est 'vaccinons-nous!'"

Hugues Garnier Journaliste BFMTV