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Moselle: les restrictions suggérées par le Conseil scientifique début février

Une rue de Metz (Photo d'illustration)

Une rue de Metz (Photo d'illustration) - Flickr- CC Commons - gaku

Début février, le Conseil Scientifique avait proposé au gouvernement d'avancer les vacances scolaires d'une semaine et de contrôler les entrées et sorties dans "les départements les plus touchés du Grand-Est", comme la Moselle.

Le ministère de la Santé a rendu public ce mercredi un avis du Conseil Scientifique daté du 12 février, consacré à l'évolution du variant sud-africain en France, et à la forte circulation du virus dans l'Est de l'Hexagone, notamment dans le département de la Moselle. Dans ce document, l'organisation scientifique fait plusieurs suggestions pour endiguer la propagation de l'épidémie dans cette zone, proposant par exemple des restrictions au niveau local.

En Moselle, le taux d'incidence était alors de 290,8 pour 100.000 habitants, alors que la moyenne régionale était de 193,9, de 198,2 au niveau national. Dans ce département, il dépasse actuellement les 300, selon le dernier bilan de l'Agence Régionale de Santé. De plus, cette zone est particulièrement affectée par la présence du variant sud-aficain.

Cet avis a été écrit avant les annonces concernant les confinements pour le week-end dans le département des Alpes-Maritimes et dans la ville de Dunkerque (Nord).

"Tirer parti de cette situation de crise pour tester de nouvelles mesures"

Le premier scénario imaginé par le Conseil scientifique propose un renforcement des mesures en place en Moselle et dans les départements limitrophes: des dépistages très larges, "Tester-Tracer-Isoler en renforçant les moyens humains nécessaires", renforcer les consignes d’isolement, accélérer l’accès aux vaccins ou encore conseiller de limiter les déplacements individuels. "L’application de ces mesures se fait SANS mesure de restriction supplémentaire", est-il précisé.

"À la demande des élus locaux, je vais renforcer la politique de vaccination dans le département de Moselle", avait annoncé le 12 février le ministre de la Santé Olivier Véran. "Tout cas positif de coronavirus sera considéré dans ce département comme suspect de variant, jusqu'à la preuve du contraire", avait-il également déclaré.

Le second scénario est plus entreprenant. Il prévoit d'avancer les vacances scolaires d'une semaine, ce qui "permettrait de limiter la circulation du virus chez les enfants, et par continuité chez les proches vivant à leur contact". Il est aussi question de "créer une zone regroupant les départements les plus touchés du Grand-Est et contrôler l’entrée et la sortie de cette zone", des mesures de restrictions locales assez fortes.

Le Conseil scientifique propose également de "tirer parti de cette situation de crise dans plusieurs départements du Grand-Est pour tester de nouvelles mesures de restriction de déplacements, de modalités de couvre-feu, d’ouverture ou non de commerces et de lieux publics", ou encore des établissements scolaires, est-il écrit.

Le scénario 2 non choisi

Les mesures du second scénario n'ont pas été appliquées, malgré des demandes de renforcement des restrcitions émanant début février de plusieurs élus de Moselle. "Il faut un vrai confinement, qui soit limité dans l'espace et dans le temps, qui soit un vrai coup de frein", avait par exemple demandé sur BFMTV François Grodidier, maire Les Républicains de Metz, qui avait également réclamé que les vacances soient avancées.

Pour d'autres élus, des mesures comme les limitations de déplacement n'auraient pas beaucoup d'impact dans ce département traversé par "de grands axes de communication du Nord au Sud et d'Est en Ouest", où l'on trouve 100.000 travailleurs transfrontaliers au Luxembourg et en Allemagne, avait souligné sur BFMTV Patrick Weiten, président UDI du département. "On est un département de transit et de brassage de la population".

Contrairement à d'autres avis, dans lesquels le Conseil scientifique se prononce clairement sur le scénario qu'il pense être le bon, dans ce document, il explique ne pas être "unanime sur l’intérêt respectif d’un Scénario 1 ou d’un Scénario 2" et se dit "conscient des conséquences sociétales et économiques qui en résultent".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV