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INFOGRAPHIES. Grignotage, insomnies...: les effets du confinement sur la santé et le bien-être des Français

Alors que la France est reconfinée depuis le 31 octobre, certains experts s'interrogent sur les conséquences psychlogiques d'une mesure aussi drastique. Un chercheur vient d'ailleurs de publier un livre sur ce sujet.

Dépression, anxiété, troubles du sommeil, idées suicidaires... Pendant le premier confinement, Santé Publique France et SOS Amitié ont fait état d'une hausse des problèmes psychologiques dans le pays.

Six mois plus tard, alors que la France est renconfinée au moins jusqu'au 1er décembre, on note le même phénomène. Lors d'une conférence de presse mardi 17 novembre, le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon a fait part de son inquiétude sur le sujet:

"Cette épidémie est stressante, anxiogène et peut générer une souffrance psychologique pour nombre d'entre nous. (...) On observe une augmentation importante des états dépressifs. Le nombre de personnes concernées a doublé entre fin septembre et début novembre".

Plus on confine, plus "les conséquences sur la santé mentale augmentent et s’aggravent"

Spécialiste des sciences cognitives, le chercheur Nicolas Franck vient de publier un livre sur le sujet : Covid-19 et détresse psychologique - 2020, l'odysée du confinement, aux éditions Odile Jacob. L'auteur y dresse le même constat que nombre de ses confrères:

"Plus cette mesure (ndlr: le confinement) est longue, plus ses conséquences sur la santé mentale augmentent et s’aggravent. (...) L’absence complète d’échéance ou une date de fin ayant été repoussée augmentent le stress".

Selon cet expert, les conséquences à l'échelle nationale sont désastreuses.

"Sur une population de 65  millions de personnes ayant vécu ce type de stress, on peut s’attendre au développement d’un très grand nombre de troubles anxieux généralisés et de dépressions. Leur expression pourra être durable. (...) Il serait salutaire que la santé mentale soit considérée comme la troisième priorité, après la prise en compte de l’épidémie et celle de ses conséquences économiques".

Grignotage et troubles du sommeil

Dans le cadre de cet ouvrage, ce professeur à l'Université Lyon 1 a réalisé une étude auprès de 11.407 personnes. Un échantillon qui n'est pas vraiment représentatif de la société française (sureprésentation des CSP+ et des gens diplômés, sous-représentation des jeunes et des seniors...) mais qui a le mérite d'éclairer sur les changements de comportements d'une partie des Français durant le confinement.

On apprend ainsi que près de 40% des participants à l'enquête ont déclaré avoir eu des problèmes de "grignotage" durant cette période. Nombre d'entre eux ont également affirmé avoir du mal à se reposer et à s'endormir.

Explosion du temps passé devant les écrans

La consommation de certains produits a également changé durant le confinement, notamment celles des écrans qui a explosé en France. Selon une étude du cabinet américain AppAnnie publiée en avril, le temps passé par les Français sur leur smartphone a augmenté de 25%.

Un constat confirmé par l'étude de Nicolas Franck, dans laquelle on apprend que deux-tiers des Français ont passé plus de temps devant leurs écrans que d'habitude durant le premier confinement.

17,7% ont également admis avoir augmenté leur consommation d'alcool. Le chercheur en dévoile plus sur cette statistique préoccupante:

"Une personne sur quatre l’a modérément augmentée, un peu moins de une sur dix en a perdu le contrôle (...) Les personnes dont la consommation d’alcool a augmenté étaient plutôt qualifiées et appartenaient à la catégorie des 30‑49 ans".

Structurer son quotidien et maintenir le contact pour mieux vivre le confinement

Pour faire face à ces problèmes psychologiques, le psychiatre recommande de "structurer son quotidien" et de "d'avoir des contacts sociaux". Interviewé ce mercredi sur BFMTV, Nicolas Franck explique comment mieux vivre le confinement :

"Plus les personnes ont des échanges sociaux actifs, que ce soit en direct ou par téléphone, plus le bien être mental est conservé (...) Plus nos journées sont structurés, plus on affronte le confinement positivement. Les personnes qui se sont laissés désorganiser au niveau de l'alimentation, du sommeil ont supporté ça moins bien".

Durant le premier confinement, une large partie d'entre eux maintenaient le contact avec leurs proches à en croire l'étude du chercheur dans Covid-19 et détresse psychologique.

Une ligne d'écoute 7j/7 et 24h/24 a été mise à disposition pour les personnes en besoin de soutien psychologique: le 0800 130 000.

Louis Tanca Journaliste BFMTV