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"Il n'y a pas de poudre miracle": après Macron, Castex prend ses distances avec Raoult

Jean Castex.

Jean Castex. - Thomas COEX

Alors que le professeur Raoult continue de vanter les effets de l'hydroxychloroquine, le Premier ministre a rappelé que, pour l'heure, il n'existait pas de traitement reconnu contre le Covid-19.

"Une partie de notre société ne fait plus confiance aux pouvoirs publics". Interrogé par un lecteur du Parisien sur les controverses qui ont émergé durant l'épidémie de coronavirus, Jean Castex a reconnu ce mercredi qu'il existait une défiance envers l'exécutif. "Ceux qui gèrent" ne convainquent plus et cela favorise l'essor du "complotisme et la circulation de fausses informations", estime le Premier ministre.

Il a ainsi évoqué le cas du controversé professeur Raoult qui prône depuis le début de la pandémie de Covid-19 le traitement à l'hydroxychloroquine, malgré les contestations de nombre de ses pairs - des essais cliniques n'ont pas constaté d'efficacité de la molécule.

"Il bénéficie du fait que la science ne sait pas tout. Je n'ai rien pour ou contre lui, mais de ce que je vois, il n'y a pas de poudre miracle", a-t-il tenu à rectifier.

Les réserves de Macron

Mardi déjà, durant son interview du 14-Juillet, Emmanuel Macron avait rappelé qu'il "n'y avait pas de traitement stabilisé" contre la maladie infectieuse et avait affirmé qu'il ne prendrait pas d'hydroxychloroquine s'il était contaminé.

S'il a assuré que le professeur Raoult, auquel il avait rendu visite à Marseille, "était un grand scientifique", et qu'il était "normal qu'il participe au débat scientifique", le chef de l'État a également tenu à souligner qu'il ne revenait pas à "un homme scientifique d'acter des croyances scientifiques".

Que faire face à ces controverses et aux théories du complot qui ont émergé durant la crise? "Il faut être humble et éviter les effets de manche, tout simplement, parce que plus personne n'y croit!", a ajouté Jean Castex qui entend "restaurer la confiance" entre les citoyens et les politiques.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV