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Hydroxychloroquine: The Lancet met en garde sur d'"importants doutes" autour de son étude controversée

Des tablettes d'hydroxychloroquine et de chloroquine

Des tablettes d'hydroxychloroquine et de chloroquine - GERARD JULIEN / AFP

La revue scientifique britannique The Lancet avait publié une étude concernant le peu d'efficacité, voire la dangerosité d'un traitement à la chloroquine contre le coronavirus. Mais "de sérieux doutes scientifiques ont été portés à notre attention", quant à la réalisation de ce rapport, ont écrit les éditeurs du journal mardi dans une "mise en garde" à leurs lecteurs.

"D'importants doutes scientifiques ont été soulevés". Dans un communiqué, publié mardi, les éditeurs de la revue scientifique britannique The Lancet, "alertent" leurs lecteurs dans un communiqué. Ils y écrivent que "de sérieux doutes scientifiques ont été portés à (leur) attention" au sujet de l'étude affirmant que le traitement par hydroxychloroquine ou chloroquine n'est pas efficace contre la Covid-19 et qu'il augmente même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

"D'importants doutes scientifiques ont été soulevés au sujet des données rapportées dans l'étude de Mandeep Mehra, publiée dans The Lancet le 22 mai 2020", écrivent-ils dans une "mise en garde" ("expression of concern").

La publication de cette étude remettant en doute l'efficacité du traitement à l'hydroxychloroquine, déjà utilisé dans de nombreux pays contre le coronavirus, avait remué la communauté scientifique. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait rapidement annoncé avoir suspendu "temporairement" les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine, qu'elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution. De nombreux Etats, comme la France, ont également arrêté l'utilisation de cette molécule.

Mais depuis, les doutes et critiques se multiplient au sujet de cet article scientifique. Fin mai, des dizaines de scientifiques avaient publié une lettre ouverte exprimant leurs "inquiétudes" sur les méthodes de la vaste étude. Dans une vidéo, le directeur général de l'IHU de Marseille Didier Raoult, connu pour être un fervent défenseur de l'hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19, avait qualifié l'étude de "foireuse".

Un "audit indépendant" en cours

Il est notamment reproché aux scientifiques à l'origine de la publication du Lancet d'avoir rendu des conclusions d'observations, fournies à partir de la compilation de registres de différents patients: "On a l'impression qu'aucun de ces auteurs n'a vu de patients atteints par le Covid-19", expliquait sur BFMTV le Pr Matthieu Million, de l'IHU de Marseille.

Dans le même temps, une erreur dans le classement des données avait également conduit à une révision des chiffres, sans toutefois changer les conclusions de l'étude.

Le message de préoccupation du Lancet a été publié dans l'attente des résultats d'un "audit indépendant au sujet de la provenance et de la validité des données" de cette étude, explique le communiqué.
Salomé Vincendon