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Dépistages massifs à Charleville-Mézières et au Havre: comment isoler les cas positifs?

Une campagne de dépistage n'est réellement efficace que si les personnes positives s'isolent, les deux villes proposent donc d'accompagner leur population dans cette démarche.

Ce lundi 14 décembre débutent à Charleville-Mézières (Ardennes) et au Havre (Seine-Maritime), des campagnes massives de dépistage du Covid-19 avant les fêtes. L'enjeu est de détecter des personnes malades, notamment asymptomatiques, et de les isoler afin qu'elles ne contaminent pas d'autres individus. S'isoler sept jours en cas de test positif est central pour que ce type de campagne ait un impact, car cela casse les chaînes de contamination.

"Beaucoup de gens sont malades et asymptomatiques, et le fait de les tester c'est le moyen de les identifier", explique sur BFMTV Boris Ravignon, maire Divers Droite de Charleville-Mézières. "Alors derrière, il faut que l'on puisse identifier vraiment les gens, les isoler, et leur permettre de le faire".

Le gouvernement a rappelé jeudi dernier qu'il ne comptait pas mettre en place un isolement obligatoire en cas de test positif, mais qu'il voulait plutôt mettre l'accent sur un "accompagnement renforcé" des personnes devant s'isoler, ce que ces villes vont donc expérimenter dans les prochains jours.

142 chambres d'hôtel réservées à Charleville

"L'idée c'est de tester un maximum de personnes et trouver les personnes qui sont asymptomatiques, rompre cette chaîne de contamination et puis expérimenter aussi l'accompagnement de l'isolement parce que c'est bien l'enjeu des prochaines semaines" explique sur BFMTV, Agnès Firmin Le Bodo députée Agir de Seine-Maritime et conseillère municipale au Havre.

Une stratégie d'isolement avait déjà été mise en place dans le Grand Est, comme l'explique le site de l'Agence Régionale de Santé. L'ARS est ainsi chargée "d'organiser un suivi par SMS et par téléphone des malades Covid-19 et des personnes contacts isolées à domicile, afin de veiller à la bonne compréhension des consignes d'isolement et identifier, le cas échéant  d’éventuels besoins d’accompagnement", d'un ordre social, logistique ou encore psychologique.

"Si, pour diverses raisons, l’isolement à domicile présente des difficultés particulières (présence à domicile de personnes fragiles, taille du logement, contexte social…), il peut se voir proposer d’effectuer cet isolement hors du domicile, dans des lieux dédiés (hôtels, centres de vacances, lieux d’hébergement collectif appartenant à des collectivités réquisitionnés)", explique encore l'ARS.

Des solutions évoquées par le maire de Charleville-Mézières sur France Info ce lundi. Il assure que la municipalité va "améliorer les lieux d'accueil, les rapprocher des bassins de population". 142 chambres d'hôtel sont réservées actuellement aux isolements Covid. De plus, "les personnes qui accepteront de s'isoler seront accompagnées par la Croix-Rouge qui leur apportera la nourriture et un suivi psycho médical. Ardennes Métropole leur apportera un panier de produits régionaux".

"Un accompagnement adapté aux demandes de la personne"

Au Havre, si quelqu'un est positif, "on va lui proposer un accompagnement. Une celulle a été mise en place exprès pour expérimenter cet accompagnement de l'isolement", explique Agnès Firmin Le Bodo. "Soit lui apporter les repas, soit lui apporter des livres, soit aller chercher ses médicaments à la pharmacie, aller accompagner les enfants à l'école... Un accompagnement adapté aux demandes de la personne".

Les participants aux campagnes de dépistage "bénéficieront d’une offre complète, composée du test, d’un accompagnement individuel, notamment pour s’isoler le plus rapidement et le plus efficacement possible, de l’identification des cas contact à risques, pour les personnes testées positives, et d’une sensibilisation aux gestes barrières, en particulier à l’approche des fêtes", assure également l'ARS Normandie.

Si ces dépistages doivent permettre d'éviter la propagation du coronavirus pendant les fêtes de fin d'année, le ministre de la Santé a bien rappelé jeudi dernier que les tests n'étaient toutefois pas "un totem d'immunité", et qu'il fallait, même en cas de résultat négatif, continuer à respecter les gestes barrières.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV