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Dépression, angoisse, phobie scolaire... Ces adolescents qui n'ont pas supporté le confinement

Patient au Centre psychiatrique du Bois de Bondy, en mai 2020 (illustration)

Patient au Centre psychiatrique du Bois de Bondy, en mai 2020 (illustration) - Loic VENANCE / AFP

À Marseille, une clinique spécialisée accueille 15 adolescents dont un tiers présentent des troubles provoqués ou amplifiés par le confinement.

Le taux d'états dépressifs explose en France depuis le début de l'année et notamment ces dernières semaines où il est passé de 10,9 à 20,9% entre fin septembre et début novembre. En cause: le confinement puis le reconfinement qui ont particulièrement déstabilisé certains adolescents.

À Marseille, une clinique spécialisée accueille ces jeunes en souffrance. Sur les 15 lits que compte l'établissement, et qui sont tous actuellement occupés, un tiers des patients présentent des troubles qui semblent avoir été provoqués ou amplifiés par le confinement.

Lola, âgée de 13 ans, a par exemple développé une forme de phobie scolaire au printemps dernier qui l'a empêchée de retourner en classe à la rentrée de septembre. "Le fait d'être seule, ça me stressait. Du coup, pour me soulager, je me scarifiais", raconte-t-elle au micro de BFMTV.

"Je faisais des crises d'angoisse avant d'aller à l'école jusqu'à vomir tous les matins", poursuit-elle.

Recrudescence des troubles anxieux

Marie, 14 ans, est quant à elle hospitalisée depuis trois semaines pour des troubles de l'humeur qui ont été exacerbés quand elle a été confinée avec sa famille. Elle craint aujourd'hui le retour à la vie réelle.

"Ici, on fait moins de sorties, on est souvent enfermés les uns avec les autres. Cela joue sur le fait que je n'apprends pas à guérir autour des autres, j'apprends à guérir dans un cocon. Je ne sais pas comment cela va se passer quand il y aura des autres autour", confie-t-elle.

L'équipe médicale de la clinique L'Escale déclare être de plus en plus sollicitée par les services d'urgence. "On a surtout une recrudescence de troubles anxieux, de troubles des interactions sociales et familiales, des gens pour lesquels le confinement a majoré des troubles ou révélé des fragilités", explique Alexandre Hayek, pédopsychiatre et coordinateur de l'unité psychiatrique.

Un numéro vert en place

Afin d'aider les personnes fragiles à surmonter leurs angoisses, le gouvernement a mis en place un numéro vert d'aide psychologique, le 0800.130.000. Lors d'une conférence de presse le 19 novembre dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué que 20.000 appels par jour étaient reçus par les psychologues.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV