BFMTV

Covid-19: l'infectiologue Eric Caumes s'inquiète d'une "augmentation vertigineuse du taux de dépression"

Invité sur BFMTV, il se dit favorable à la réouverture des lieux de culte et des petits commerces à condition que les gestes barrières soient strictement respectés.

"On ne peut pas s'arrêter de vivre". Invité sur le plateau de BFMTV ce dimanche soir, Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, s'inquiète du moral des Français qui se voient imposer depuis des mois des restrictions dans leur quotidien pour limiter la propagation de l'épidémie de Covid-19.

Rappelant que selon l'OMS, la santé se définit par "le bien-être global", à la fois physique mais également moral et spirituel, l'infectiologue souligne que la crise sanitaire s'accompagne d'un développement exponentiel des troubles dépressifs.

"Le taux de dépression est en train d'augmenter de manière vertigineuse dans la population générale, il est passé de 10% fin septembre à 21% début novembre. Il a doublé en six semaines", s'inquiète Eric Caumes qui estime que "perdre son travail ou sentir que l'on plonge dans la précarité" peut engendrer "des conséquences sociales et sanitaires" désastreuses.

Optimiste pour les fêtes de Noël

Interrogé sur la réouverture des lieux de culte et des petits commerces, le médecin confie y être favorable tout en rappelant l'impératif respect des gestes barrières que sont notamment le port obligatoire du masque en lieu clos et la distanciation physique.

"A partir du moment où l'on respecte le port du masque et la distanciation physique, on peut quasiment tout se permettre", affirme-t-il. "Le problème, c'est quand on tombe le masque dans des lieux clos avec une distance avec les autres qui n'est pas respectée".

Pour les fêtes de fin d'année qui se profilent, Eric Caumes se montre "optimiste" et estime que "les Français pourront passer des vacances en famille restreinte", sans dépasser les 6-10 personnes, tout en conseillant aux personnes fragiles de garder leur masque, même en compagnie de leurs proches, et de bien veiller à aérer les logements.

Le médecin estime enfin qu'il va falloir "déconfiner très progressivement", en passant "du confinement au couvre-feu". "Nous avons fait les choses à l'envers", regrette-t-il.

Mélanie Rostagnat Journaliste BFMTV