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Santé

De nouvelles dispositions pour inciter les médecins à prescrire des médicaments génériques

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, dévoilé ce mardi 25 septembre, comprend plusieurs mesures pour encourager la prescription de médicaments génériques. (Photo d'illustration)

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, dévoilé ce mardi 25 septembre, comprend plusieurs mesures pour encourager la prescription de médicaments génériques. (Photo d'illustration) - Daniel Janin - AFP

Le projet de budget de la sécurité sociale prévoit également que les patients refusant les génériques soient moins bien remboursés à partir de 2020.

L'exécutif compte sur un plus grand recours aux génériques de la part des praticiens et des patients. Une des mesures du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), dévoilé ce mardi, consiste notamment à "mieux réguler les conditions dans lesquelles les médecins" peuvent apposer la mention "non-substituable" sur leurs ordonnances.

Cette mention empêche les pharmaciens de proposer des génériques à la place des médicaments d'origine dits "princeps", selon le ministère de l'Economie. 

Une telle indication devra bientôt reposer "sur des critères médicaux objectifs, définis en lien avec l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé", explique le dossier de presse. Il pourrait par exemple s'agir d'une allergie à un des composants. 

Les patients refusant les génériques seront moins bien remboursés

Les patients devront aussi mettre la main à la pâte. Ceux refusant sans justification médicale les médicaments génériques proposés par leur pharmacien seront moins bien remboursés à partir de 2020, selon une disposition du projet de budget de la sécurité sociale dévoilé mardi.

Ainsi, le "remboursement d'un assuré qui ne souhaiterait pas, sans justification médicale, la substitution proposée par le pharmacien se fera désormais sur la base du prix du générique", est-il écrit dans le dossier de presse du PLFSS. 

"Nous demandons aux Français qui voudront accéder à un médicament de nom de marque de mettre de leur poche" a expliqué devant la presse la ministre de la Santé Agnès Buzyn. "C'est-à-dire qu'ils seront remboursés sur la base du générique le plus cher (...) sauf s'il y a une contre-indication médicale au générique" telle qu'une "allergie", a-t-elle détaillé.

"Il s'agit ainsi de reconnaître un même niveau de prise en charge pour des soins de même qualité", insiste le gouvernement. "Cette mesure s'appliquera à compter du 1er janvier 2020 afin de disposer du temps nécessaire pour accompagner sa mise en place auprès des patients", est-il précisé.

Comme chaque année, le gouvernement veut renforcer le recours aux médicaments génériques dans le cadre des économies - 3,8 milliards en 2019 - demandées au secteur de la santé, misant cette fois-ci sur deux nouvelles mesures. Or un générique coûte en moyenne 40% de moins que le princeps, selon le ministère de la Santé.

Ces mesures devraient permettre à court terme "moins de 100 millions d'euros" d'économies, selon Bercy.

"Un retard considérable sur l'utilisation des génériques"

"Le taux de substitution générique/princeps dépasse à ce jour les 80% en France" mais les "mécanismes en faveur de la substitution montrent aujourd'hui un certain essoufflement" justifie le gouvernement.

"Nous avons en France un retard considérable sur l'utilisation des médicaments génériques" a déploré pour sa part la ministre de la Santé, rappelant l'efficacité et l'absence d'effets secondaires associés à ces produits.

Selon elle, le recours à des génériques "à moindre coût" s'apparente à un "geste citoyen": "cela permet à la Sécurité sociale d'investir dans des médicaments très innovants", notamment pour "traiter des cancers" d'enfants, a fait valoir Agnès Buzyn.

L.A., avec AFP