BFMTV

Covid-19: une infirmière américaine alerte sur les patients refusant de croire qu'ils sont contaminés, parfois jusqu'à leur mort

Une unité de soins intensifs du Covid-19 à Houston (Texas, Etats-Unis) le 14 novembre 2020

Une unité de soins intensifs du Covid-19 à Houston (Texas, Etats-Unis) le 14 novembre 2020 - GO NAKAMURA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

"Leurs derniers mots avant de mourir sont 'cela ne peut pas arriver, ce n'est pas réel'", raconte cette infirmière exerçant dans le Dakota du Sud.

"Ils vous disent qu'il doit y avoir une autre raison pour laquelle ils sont malades". Une infimière américaine exerçant dans l'État du Dakota du Sud a alerté dimanche soir sur Twitter au sujet d'une situation qui se reproduisait dans son hôpital: des malades dans un état grave à cause du Covid-19, refusant d'accepter qu'ils étaient contaminés.

Ces patients "vous disent qu'il doit y avoir une autre raison pour laquelle ils sont malades. Ils vous insultent et vous demandent pourquoi vous devez porter tous ces 'trucs' [matériel de protection sanitaire, ndlr] parce qu'ils n'ont pas le Covid, parce que ce n'est pas réel", déplore-t-elle sur le réseau social.

L'infirmière a expliqué la situation ce lundi, dans une émission diffusée sur CNN. Elle raconte comment certains sont persuadés qu'ils ont une grippe, une pneumonie, ou préfèrent même penser à un cancer plutôt que croire qu'ils sont atteints par le Covid-19 et que l'épidémie est réelle, et ce même après avoir été testé positif.

Le refus de contacter sa famille avant de mourir

"J'ai tweeté parce que ce n'était pas seulement le cas d'un patient", mais une situation répétée, explique-t-elle sur CNN.

Elle a aussi voulu alerter car ces personnes, parfois dans un état grave, meurent sans avoir contacté leurs proches, persuadés que leur vie ne peut pas se terminer, étant donné qu'ils ne sont, selon eux, pas infectés. "Leurs derniers mots avant de mourir sont 'cela ne peut pas arriver, ce n'est pas réel'", déclare-t-elle.

"Alors qu'ils devraient passer ces moments à appeler leur famille, ils sont remplis de colère et de haine", raconte l'infirmière, qui se dit "triste, en colère et frustrée" devant cette situation. "Quand on essaye de les raisonner, en leur demandant si on peut appeler leur famille, leurs enfants, leur femme, leurs amis, leur frère, et qu'ils disent 'non parce que je vais aller mieux', et que vous regardez leur niveau d'oxygène baisser..."

Un "film d'horreur qui n'en finit jamais"

Elle explique qu'évidemment, tous les patients atteints du Covid-19 ne réagissent pas de cette façon, et rappelle que l'aide du public dans la lutte contre l'épidémie, en portant un masque, en respectant les gestes barrières et la distanciation sociale, est primordiale.

La soignante qualifie la situation actuelle de "film d'horreur qui n'en finit jamais". Elle raconte venir d'une ville de 600 habitants, alors que le Dakota du Sud - État particulièrement touché par l'épidémie - compte 644 morts, selon le dernier décompte de l'Université Johns Hopkins. "C'est comme si toute ma ville avait été rayée de la carte", déplore-t-elle.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV