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"Hold-Up": "scandalisé", Douste-Blazy demande à être retiré du documentaire aux relents complotistes

L'ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy à Genève en 2016.

L'ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy à Genève en 2016. - Fabrice Coffrini

L'ancien ministre de la Santé se désolidarise du documentaire avançant des théories complotistes sur la crise sanitaire et sur sa gestion.

Il affirme avoir été piégé. Philippe Douste-Blazy a pris ses distances ce jeudi soir à la polémique autour de sa présence dans le documentaire Hold-Up, un film aux relents complotistes qui prétend dénoncer les "mensonges" liés à la pandémie de coronavirus mais qui véhicule plusieurs fausses informations sur l'épidémie.

"Je suis scandalisé par ce que j'écoute là et je suis scandalisé par ce qu'il y a, ou presque tout", déclare-t-il au micro de RTL.

"Je l'ai fait de bonne foi"

Philippe Douste-Blazy affirme avoir été contacté mi-septembre par des producteurs pour participer à un "film inattaquable" auquel "des personnalités du monde entier vont participer".

"Je l'ai fait de bonne foi. Depuis le début de cette crise je donne mon avis sur la manière et la stratégie qu'il faudrait faire de santé publique", justifie Philippe Douste-Blazy.

Membre du conseil d'administration de l'IHU de Marseille, dirigé par Didier Raoult, l'ancien ministre de la Santé est interrogé dans le film sur l'hydroxychloroquine, dont il reste un fervent défenseur, malgré les études contestant l'efficacité de la molécule dans le traitement du Covid-19.

S'il ne figure que dans deux courts extraits de quelques secondes, il estime avoir été induit en erreur par le parcours de l'un des producteurs du documentaire, Christophe Cossé.

"Ce producteur a fait 250 émissions sur France Télévisions [...] du coup je l'ai fait", explique-t-il chez nos confrères, "quand j'ai vu France Télévisions, pardonnez-moi mais c'est comme si je voyais RTL ou autres..."

"Je vais y réfléchir à trois fois avant d'accepter la moindre interview"

Philippe Douste-Blazy, qui a depuis visionné le film, dit s'en désolidariser et souhaite en être retiré au regard de certaines théories conspirationnistes avancées par les producteurs et d'autres intervenants.

"On entend que cette pandémie serait l'occasion pour Bill Gates de gagner beaucoup d'argent, qu'elle était prévue depuis 4-5 ans, que ça vient de l'institut Pasteur", énumère l'ancien ministre. "On retrouve (dans le film) des mots-clés, des chiffons rouges du complotisme", abondait auprès de BFMTV.com Tristan Mendès France, maître de conférence associé à l'université Paris-Diderot chargé des cultures numériques, qui collabore notamment avec l'Observatoire du conspirationnisme.

Philippe Douste-Blazy déclare désormais y "réfléchir à trois fois avant d'accepter la moindre interview". Il considère toutefois que les autorités ont également leur part de responsabilité dans la propagation de ces idées qui "viennent aussi du manque de transparence et de communication que nous avons".

Hugues Garnier Journaliste BFMTV