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Covid-19: pourquoi les virus respiratoires aiment le froid

Le coronavirus vu au microscope

Le coronavirus vu au microscope - AFP

Plus résistants avec des températures moins élevées, les virus respiratoires profitent également des défenses immunitaires moins résistantes pendant la période hivernale.

"Nous savons que l’hiver est la pire saison pour affronter les virus de la grippe ou les virus respiratoires en général." Lors d'une conférence de presse tenue ce lundi, le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a fait montre d'une certaine méfiance concernant les semaines à venir en France, alors que les chiffres de contaminations sur l'ensemble du territoire ont vu leur baisse freiner brusquement.

La situation est épineuse pour le gouvernement, puisque Emmanuel Macron, lors d'une allocution le 24 novembre dernier, avait assuré que la prochaine étape du déconfinement ne pourrait se faire que si le chiffre des contaminations quotidiennes atteignait 5000 personnes par jour.

Ce matin à l'antenne de BFMTV, plusieurs spécialistes de la santé et personnalités politiques dont le président de la région Grand Est, Jean Rottner, s'interrogeaient sur les raisons du ralentissement de la baisse des contaminations en France. Parmi les arguments avancés, celui du froid revenait à plusieurs reprises.

La population se regroupe

Il fait dire que depuis le début de la pandémie, la question du rôle de la température sur la diffusion du Covid-19 se pose. Dans un premier temps, et comme l'a rappelé Jérôme Salomon, le froid qui survient en France depuis quelques jours est un allié de la maladie.

Selon un rapport daté de 2009 de l'Institut de veille sanitaire sur la physiologie du froid, repéré par Le Figaro, la population a tendance en période hivernale à plus se concentrer dans des lieux clos, confinés et mal ventilés qui favorisent la circulation du virus.

En mai dernier, l'Académie nationale de médecine s'était également penchée sur cette question, concluant que "l’importance de cette corrélation avait pu être quantifiée, une augmentation de 1 degré de température étant associée à une diminution de 3,1 % des nouveaux cas et de 1,2 % des décès".

En réalité, il est encore très difficile, à l'inverse d'autres maladies contagieuses transmises par voie aérienne telles que la grippe et la bronchite, de quantifier le rôle du froid dans la diffusion du Covid-19.

"On ne peut pas être certain de l’impact des conditions hivernales sur le coronavirus. [...] Certains indices suggèrent une circulation facilitée, d’autres vont dans le sens opposé", soulignait au journal suisse Le Temps Valeria Cagno, virologue du département de microbiologie et médecine moléculaire de l’Université de Genève.

Le coronavirus renforcé par la baisse de température?

En revanche, le froid pourrait bel et bien avoir un réel impact sur le fonctionnement même de ce coronavirus. Si les spécialistes restent assez divisés sur de potentielles mutations du SARS-CoV-2, Franceinfo rappelle ce jour que ce dernier est composé d'une pellicule de graisse rendue moins solide, voire détruite, par la chaleur et les ultraviolets. A l'inverse, un temps plus froid et une atmosphère plus sombre lui permettraient une durée de vie plus longue.

Comme le rappelle le média national, c'est d'ailleurs pour cette raison qu'en France et dans d'autres pays d'Europe, plusieurs clusters avaient été repérés dans des abattoirs, des lieux de travail ou la température est volontairement laissée basse.

De fait, si un temps plus froid permet une durée de vie plus longue pour un virus respiratoire, Le Figaro souligne que cet allongement dans le temps permet également d'augmenter son pouvoir contagieux.

Le corps affaibli par le froid

Mais le froid a également un effet sur nos propres défenses immunitaires. Comme l'explique encore Franceinfo, l'air que nous respirons est logiquement plus froid et donc plus sec. Au contact de cet air, les muqueuses nasales s'assèchent à leur tour et peinent à remplir leur rôle de filtration, permettant alors le passage des virus.

Par ailleurs, cet affaiblissement des défenses immunitaires peut aussi être lié au manque de soleil et de vitamine D, inhérent à la saison hivernale, qui prive notre corps d'énergie utilisée pour lutter contre l'introduction de bactéries et de virus.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV