BFMTV

Covid-19: l'immunité pourrait perdurer 6 à 8 mois après l'infection, selon une étude

Le coronavirus vu au microscope

Le coronavirus vu au microscope - AFP

Cette étude a été réalisée sur une cohorte de 188 patients recrutés aux États-Unis, âgés de 19 à 81 ans. Elle a été publiée le 6 janvier dans la revue Science.

À l'heure du déploiement des campagnes de vaccination à travers le monde, c'est un enjeu majeur, soumis à de nombreux débats: combien de temps les personnes infectées par le virus sont-elles immunisées? Plusieurs études se sont penchées sur la question, sans qu'à ce jour un consensus scientifique ne soit encore trouvé.

Le 6 janvier, une étude, parue dans la prestigieuse revue Science a conclu que l'immunité des personnes infectées par le SARS-CoV-2 pourrait être plus longue qu'envisagée jusqu'alors, avec une protection qui pourrait perdurer jusqu'à huit mois.

Cette étude de cohorte a porté sur l'analyse de 254 échantillons issus de 188 patients (80 hommes et 108 femmes) infectés par le Covid-19 et qui ont présenté des formes asymptomatiques, bénignes, modérées et sévères de la maladie. Ces patients, âgés de 19 à 81 ans, ont été recrutés aux États-Unis. Parmi les échantillons prélevés, 43 l'ont été plus de six mois après l'infection.

Mesure des différents composants de l'immunité

Interrogé par BFMTV.com, le directeur de l'unité Virus et immunité de l'Institut Pasteur, Olivier Schwartz, juge cette étude "très intéressante" en ce sens "que les scientifiques se sont intéressés à tous les composants de l'immunité adaptative (quantité et fonction des anticorps, quantité des lymphocytes B et T reconnaissant le virus) au cours du temps".

Ce sont ces lymphocytes, dits "mémoires", qui en cas de nouvelle infection "seront immédiatement réactivés et conduiront à une réponse spécifique, rapide et efficace", explique l'Inserm sur son site Internet.

"La question majeure posée par cette étude, c'est de comprendre combien de temps notre système immunitaire va être capable d'induire une protection contre le virus", résume le Pr Olivier Schwartz.

L'étude publiée dans Science met en exergue le fait que les lymphocytes B sont plus abondants six mois après l'infection qu'un mois après. Les cellules TCD8 sont quant à elles encore présentes à 70% un à deux mois après l'infection, et à 50% après six mois. Un chiffre encore plus élevé pour les lymphocytes TCD4, présents à 93% un mois après les symptômes, et qui ne diminuent quasiment pas puisque toujours présents à 92% à plus de six mois.

Des résultats "encourageants"

Sur la cohorte étudiée, 93% des 188 patients n'ont pas été hospitalisés. Ce qui induit le fait, pour Olivier Schwartz, que "cette étude permet d'étudier la durée de la réponse immunitaire chez les personnes qui font une forme modérée de la maladie, qui est la plus courante".

Pour le spécialiste, ces résultats sont très "encourageants", et "vont dans le sens des observations faites à ce jour par différentes équipes de chercheurs et cliniciens: il y a pour l'heure très peu de cas de réinfections." Une observation à confirmer dans le temps, un peu plus d'un an seulement après l'apparition du virus et son séquençage.

S'ils notent une certaine hétérogénéité parmi les réponses immunitaires, en fonction du genre des patients ou des comorbidités (notamment observée par l'Institut Pasteur, dans une étude à paraître), les scientifiques à l'origine des travaux publiés dans Science concluent que leurs "données montrent que la mémoire immunitaire d'au moins trois composants immunologiques était mesurable chez environ 95% des sujets, cinq à huit mois post-infection, indiquant qu'une immunité durable contre une deuxième infection au Covid-19 était envisageable chez la plupart des individus".

Des conclusions qui tendent à confirmer celles d'une précédente étude, parue en novembre 2020 dans le British Medical Journal (BMJ), qui avançait que la réponse immunitaire pouvait perdurer au moins six mois après l'infection.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV