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Covid-19: l'expansion du variant Delta va-t-elle perturber l'été?

La multiplication de ce variant sur le territoire français, couplée à une vaccination en baisse, laisse présager aux autorités sanitaires des semaines compliquées.

La situation inquiète. Alors que les Français retrouvent peu à peu leur vie d'avant, le variant Delta du Covid-19, auparavant appelé variant indien, pourrait rebattre les cartes dans les semaines à venir, sans compter que les congés d'été se profilent pour des millions de Français.

Ces dernières semaines, de nombreux signes inquiétants se sont multipliés. D'abord, la croissance des cas en Israël, pays pourtant modèle en matière de gestion de la crise et de la vaccination, qui a du retarder l'arrivée des touristes étrangers sur son territoire ainsi et imposer le retour du masque en intérieur. Cette augmentation des cas a également été constatée en Angleterre, mais aussi en Russie, ou le taux de contaminations ont atteint celui de janvier passé.

En France, les cas se multiplient aussi et le variant Delta représenterait actuellement entre 9 et 10% des contaminations. Dans les Landes, où la situation est la plus tendue, le taux d'incidence monte à 51 cas pour 100.000 habitants, soit au-dessus du seuil d'alerte. À l'échelle nationale, il ne représentait que 0,1% des cas début mai.

Un variant qui contamine plus

Si ce variant inquiète tant, c'est en premier lieu pour sa transmissibilité, qui est bien plus importante encore que celle du premier variant surveillé par les autorités, désormais appelé Alpha. "Les Britanniques ont rapporté que ce variant causait deux fois plus d’hospitalisations que le variant alpha (ou variant anglais), il semble être associé à une sévérité accrue. Ce que l’on ne sait pas, c’est si ce variant entraîne une surmortalité par rapport au variant Alpha", explique à notre antenne Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de l'​université de Genève.

De plus, le variant Delta semble toucher en premier lieu les personnes les plus jeunes, sans pour le moment créer un effet de surmortalité dans cette tranche d'âge. Toutefois, pour le moment, le vaccin semble être une arme suffisante contre le variant.

"On ne voit pas de personnes vaccinées qui sont hospitalisées pour des complications, ou en tout cas, on en voit très peu. Mais on voit des gens vaccinés qui peuvent faire la maladie", ajoute ce dernier.

Pour différents spécialistes de la santé dont Alain Fischer, président du Conseil d​’orientation de la stratégie vaccinale, Delta devrait d'ailleurs devenir majoritaire dans le pays à court terme.

"Le variant indien va prendre le dessus, c’est clair, comme il l’a fait en Grande-Bretagne […] Il est plus transmissible que le variant précédent, le variant britannique", a-t-il alerté lors d'un entretien avec Ouest-France ce vendredi.

Les vaccinations stagnent

Et c'est probablement là que le bât blesse. Ces dernières heures, de nombreux membres de l'exécutif dont le président de la République en personne se sont inquiétés de la stagnation des chiffres de la vaccination en France, et appelé les citoyens à la responsabilité. "Nous devons tout être vigilants", a appelé Emmanuel Macron.

"Ayez peur du virus, n'ayez surtout pas peur du vaccin. [...] Près de 20 millions de nos concitoyens ont un schéma vaccinal complet, mais je vous le dis très clairement, ce n'est pas encore suffisant", avait de son côté alerté Jean Castex ce jeudi depuis Mont-de-Marsan.

Le nombre de primo-vaccinés quotidiens fond comme neige depuis quelques jours: plus de 400.000 par jour début juin, à peine plus de 200.000 pour une journée cette semaine.

"C'est trop peu", a ajouté le Premier ministre, qui a constaté que "les prises de rendez-vous pour la première vaccination sont en décélération", augurant un été en pente douce. Doctolib recense désormais moins de 150.000 inscriptions quotidiennes pour une première dose, contre encore plus de 250.000 début juin.

Agir, même pendant les vacances

Alors, pour éviter un "été indien" et l'arrivée d'une potentielle nouvelle vague en France dans les semaines à venir, les autorités sanitaires mettent les bouchées doubles. Comme le rappelle Le Parisien, 2 millions d'autotests devraient être déployés sur les plages, campings et hôtels, tout comme des médiateurs Covid sur les lieux de villégiature. D'ici fin août, l'objectif du gouvernement est d'atteindre l'objectif de 40 millions de primo-vaccinés en France.

Localement, les différentes Agences régionales de Santé (ARS) déploient de nombreux moyens afin de circonscrire au maximum le virus. Dans les Landes, principal foyer tricolore du variant Delta, plus de 60.000 doses sont mises à disposition de manière hebdomadaire.

"On a cassé la progression de cette courbe d’incidence, ce qui veut dire que les mesures que l’on met en place semblent agir, mais pas encore suffisamment. On va renforcer ces mesures, plus vacciner, plus tester, plus dépister, plus tracer", souligne à notre antenne Benoît Elleboode, Directeur général de l’Agence régionale de santé en Nouvelle-Aquitaine.

Il faut en effet agir, et vite. Selon plusieurs scientifiques, une nouvelle souche du variant, appelée Delta+, a été découverte en Inde et dans une dizaine d'autres pays dont le Royaume-Uni ces derniers jours. Elle serait encore plus transmissible et réduirait la résistance des anticorps.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV