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Covid-19: faut-il craindre une reprise de l'épidémie en France à cause du variant Delta?

Ce variant, plus contagieux que les souches précédentes, s’est déjà largement diffusé dans les Landes, département qui observe une hausse de l’épidémie.

"C’est maintenant qu’il faut agir si on veut éviter un nouveau pic." Le variant Delta, signalé dans 85 pays depuis sa découverte en Inde en fin d'année dernière, fait craindre aux scientifiques et aux autorités françaises une reprise de l’épidémie de Covid-19.

Au Portugal, il menace déjà de provoquer une quatrième vague de contagions et de restrictions. Plus au nord, l'Angleterre a dû mi-juin repousser de quatre semaines la levée des dernières restrictions anti-Covid, espérant contenir l'inquiétante poussée du variant Delta grâce à la vaccination.

"Entre 9 et 10%" des nouveaux cas positifs en France

Plus contagieux que la forme initiale du Covid-19, il se propage également dans l'Hexagone, où il représente "entre 9 et 10%" des nouveaux cas positifs, en progression par rapport à la semaine dernière, indique ce mercredi sur BFMTV et RMC le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, appelant à une "vigilance absolue" pour ne pas que l'épidémie reparte.

"Comme on est très bas en termes de contaminations, pour l’instant il évolue encore à petite vitesse, mais il continue de grimper", explique sur BFMTV le professeur Philippe Amouyel.

"Le risque est qu'il prenne la dominance sur les autres variants. Il faut qu’il reste à des seuils très bas afin qu’on puisse le contrôler et éviter qu’il parte sur une courbe exponentielle", prévient l'épidémioligiste. Mais localement, la diffusion du variant Delta semble s’être déjà envolée.

Progression exponentielle dans les Landes

En Île-de-France il représente "12% à 13% des contaminations" tandis que dans les Landes, il correspond à "70% des cas positifs détectés", le département observe d'ailleurs "une hausse de l'épidémie", souligne Gabriel Attal.

"Il est très probable que le variant Delta circule largement pendant l'été" et qu'il représente "90% des nouvelles infections dans l'Union européenne d'ici fin août (...) en particulier chez les jeunes qui ne sont pas ciblés par la vaccination", avertit Andrea Ammon, directrice de l'agence européenne des maladies, interrogée par l’AFP.

En effet, une étude sur les cas de variant Delta au Royaume-Uni montre que les personnes les plus touchées par cette mutation ne sont pas vaccinées (77%), ou n’ont reçu qu’une première dose. Pour faire rempart à son émergence et éviter un rebond épidémique, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) appelle donc à accélérer les vaccinations et à maintenir les gestes barrières.

Gare au relâchement

"Tout relâchement au cours de l'été (...) pourrait entraîner une augmentation rapide et significative du nombre de cas quotidiens dans tous les groupes d'âge", prévient l’agence européenne des maladies.

Cette augmentation conduirait à une hausse des hospitalisations et des décès, "qui pourrait atteindre les mêmes niveaux qu'à l'automne 2020 si aucune mesure supplémentaire n'était prise", avertit l'ECDC. Un scénario qui n'est pas sans rappeler celui entraîné par l'émergence du variant britannique au mois de mars dernier et qui avait abouti à un troisième confinement en avril.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV