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Covid-19: ces indicateurs qui permettent au gouvernement d'envisager un "pass sanitaire local"

Deux semaines après la rentrée des classes, l'épidémie de Covid-19 ne connaît pas de rebond et continue même de refluer. De quoi permettre au gouvernement de jongler entre prudence et optimisme, chiffres à l'appui.

"Nous avons des raisons d'espérer que le pire de la crise est passé", estime Olivier Véran dans un entretien publié par Le Parisien samedi soir. Un refrain déjà entonné par le gouvernement à plusieurs reprises par le passé, et qui avait hélas été contredit par de nouvelles vagues épidémiques et l'arrivée des variants Beta puis Delta.

Mais un élément de taille explique le regain de confiance affiché par l'exécutif: la vaccination, qui rencontre un succès indéniable dans l'Hexagone après des débuts pourtant laborieux.

Le cap des 50 millions de vaccinés vient ainsi d'être atteint, en partie grâce au coup d'accélérateur impulsé par la mise en place du pass sanitaire. Ainsi, 9 Français sur 10 en âge d'être vaccinés ont désormais reçu au moins une dose. Longtemps à la traîne, la France fait désormais partie des meilleurs élèves en termes de couverture vaccinale sur la scène internationale.

Du côté de l'hôpital, les arrivées de patients décroissent depuis maintenant plusieurs semaines, en séjour classique comme en réanimation. Les nouveaux cas quotidiens diminuent eux aussi de près de 30% par semaine au point d'être récemment repassés sous la barre symbolique des 10.000 contaminations journalières.

Des allègements qui ne sauraient tarder

Face à tous ces signaux encourageants, le gouvernement envisage d'adapter et d'assouplir certaines restrictions. À commencer par le pass sanitaire: sur notre plateau de BFM Politique ce dimanche, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal évoque pour la première fois l'hypothèse d'un "pass sanitaire local", dont l'application dépendrait de la situation épidémique de chaque région.

"Tout l’enjeu dans les semaines et mois qui viennent, c’est de voir comment garder des outils dont on a vu qu’ils faisaient leurs preuves et qui nous permettent de protéger les Français et maintenir l’activité, et en même temps, de voir comment les adapter à la situation", affirme le porte-parole du gouvernement.

Mettant en avant un taux d'incidence "très faible" dans une trentaine de départements (moins de 50 cas pour 100.000 habitant), Gabriel Attal justifie la nécessité "d'adapter les choses". Le dispositif sera étudié lors du Conseil de défense qui se tiendra "probablement" ce mercredi, toujours selon le ministre.

Emmanuel Macron avait lui aussi amorcé jeudi une réflexion sur un allègement des restrictions.

"Dès que les conditions sanitaires le permettront et, à mon avis, quand je vois les chiffres, ça ne va pas venir si tard", on pourra se "permettre, sur les territoires où le virus circule moins vite, de lever certaines contraintes et de revivre normalement", promettait le chef de l'État.

"Une erreur monumentale"

Le retour à une approche régionale, signal d'une volonté de lâcher du lest, s'est vue immédiatement remise en cause par l'épidémiologiste Catherine Hill.

"C'est une erreur monumentale", critique-t-elle sur notre antenne. "Parce que les gens vont aller tranquillement dans le département d’à côté s’ils n’ont pas de pass vaccinal, et vont contaminer autour d’eux dans les restaurants, les cinémas, etc. (…) La régionalisation n’a jamais fonctionné", insiste la spécialiste.

"On est à peu près au milieu de la redescente", concède Catherine Hill avant de rappeler que "17 millions de Français ne sont pas encore vaccinés". De quoi permettre au virus de continuer à circuler sur le territoire, déplore-t-elle.

"Encore trop tôt" pour baisser la garde

Parmi les autres ombres qui pourraient venir ternir l'embellie sanitaire: la baisse des températures attendues à l'automne et en hiver. Il faudra faire attention, a poursuivi Catherine Hill, car "les gens vont être à l'intérieur", ce qui est plus propice aux contaminations.

Un paramètre que le ministre de la Santé Olivier Véran garde - entre autres - sûrement à l'esprit, alors qu'il tempère, dans Le Parisien: "Chaque jour, 8000 personnes en moyenne sont encore infectées. (...) Il est donc trop tôt pour relâcher les mesures".

Léa Marie