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Covid-19: au CHU de Nancy, la 5e vague déferle déjà en réanimation

Les patients Covid occupent plus de la moitié des lits du Centre Hospitalier Régional Universitaire Brabois de Nancy. 80% d'entre eux ne sont pas vaccinés.

Bientôt trois semaines que des machines maintiennent ce patient en vie. "Il est ventilé et sous Ecmo, cette machine qui filtre le sang, l'oxygène et épure le C02", explique Pierre Pérez, médecin au Centre Hospitalier Régional Universitaire de Nancy, d'un ton grave. L'Ecmo est utilisé en dernier recours, pour les détresses respiratoires les plus graves. Pour ce patient, le risque de mortalité s'élève à 50-60%.

Et il n'est pas un cas isolé. Au CHRU Brabois de Nancy, la cinquième vague de l'épidémie de Covid-19 met sous tension les services de réanimation. Plus aucune place disponible. Pis, plus de la moitié des lits sont occupés par les patients atteints du Covid. Parmi eux, 80% ne sont pas vaccinés.

Le profil des patients différent des précédentes vagues

Ce que remarquent les soignants, c'est le profil radicalement différent des patients graves, en comparaison aux vagues précédentes. Aujourd'hui, ils ont en moyenne 45 ans et sont quasiment tous atteints d'obésité.

Cette particularité accentue la tension dans le service. Pour retourner un patient obèse, dix soignants sont nécessaires, dans un service qui n'en compte qu'une quinzaine. "Il faut être très vigilant parce que si on le couche et que ça comprime la circulation des tuyaux, qu'il y a une machine qui passe plus... c'est beaucoup plus compliqué, ça demande plus de vigilance", explique Pierre Pérez.

"Le personnel est à bout, on a beaucoup d'arrêts maladies, on a du mal à trouver assez de personnel pour tourner les patients... On aurait besoin d'augmenter les effectifs parce que ce sont des patients qui demandent plus de temps. Quand on se dit que la vague va encore s'accentuer, je ne sais pas comment on va faire", déplore Magalie Mechtouf, infirmière au CHRU.

Pour l'heure, le service de réanimation du CHRU Brabois fonctionne normalement car la ville de Nancy compte deux unités de réanimation. En revanche, si la situation s'aggrave et que la cinquième vague continuer de s'intensifier, les soignant devront envisager des déprogrammations.

Salomé Robles