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Coronavirus: qui sont les 11 membres du conseil scientifique formé pour lutter contre l'épidémie?

Jean Francois Delfraissy, à la tête du comité scientifique, entre le Premier ministre (à gauche) et le ministre de la Santé (à droite), le 13 mars 2020

Jean Francois Delfraissy, à la tête du comité scientifique, entre le Premier ministre (à gauche) et le ministre de la Santé (à droite), le 13 mars 2020 - Ludovic Marin / POOL / AFP

Un comité pluridisciplinaire de 11 experts a été constitué le 11 mars dernier par le gouvernement. Son rôle: "éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au Coronavirus". Il doit par exemple estimer le danger à maintenir, ou non, le second tour des élections municipales.

C'est sur ce comité scientifique que s'appuie le gouvernement pour édicter de nouvelles mesures sanitaires, alors que la France subit officiellement une épidémie du nouveau coronavirus Covid-19. Ses membres ont par exemple estimé que le premier tour des élections municipales ce week-end pouvait être maintenu. "C'est en prenant en compte l'avis des autorités sanitaires que nous nous organiserons pour le second tour", a déclaré le Premier ministre dimanche, en expliquant qu'il réunirait "à nouveau en début de semaine le conseil scientifique".

Ce comité pluridisciplinaire de 11 experts - neuf hommes et deux femmes, - a été constitué le 11 mars dernier, "pour éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au Coronavirus", explique un communiqué du ministère de la Santé. "Il est attendu un éclairage scientifique et réactif sur des questions précises et concrètes relatives à la gestion de la crise sanitaire".

  • Jean Francois Delfraissy est le président de ce groupe. Il est intervenu à plusieurs reprises depuis la constitution du comité scientifique. Vendredi dernier, il apparaissait aux côtés du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur qui rassuraient la population quant au maintien du premier tour des municipales.

Il est président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) depuis 2016, poste auquel il a été reconduit le 21 janvier 2019 dans ses fonctions par décret du Président de la République. Immunologiste, Jean Francois Delfraissy est surtout connu pour ses recherches dans la lutte contre le sida. Il a notamment été directeur de l'Agence de recherche sur le sida de 2005 à 2017, mais s'est également occupé du plan Ebola en France, "avec beaucoup d’habileté et de persévérance", comme l'écrit Libération en 2016.

  • Laetitia Atlani Duault, est anthropologue, et directrice de recherches à l'IRD (Institut de recherche pour le développement). "Ses travaux portent sur l’impact sociétal des crises sanitaires et humanitaires, dont notamment les épidémies (sida, H1N1, ebola, Covid-19), et la gouvernance de la réponse qui leur est apportée", précise le site de l'IRD.
Dans ce comité "mon rôle est de réfléchir à l’impact sociétal des épidémies, d’expliquer ce qu’entend la société française de telle ou telle décision", explique-t-elle dans le journal L'Opinion.
  • Daniel Benamouzig, sociologue de la Santé, est directeur de recherches au CNRS et professeur à Sciences Po. D'après son profil sur le site de Sciences Po, il "a étudié l’histoire de l’économie de la santé et les transformations institutionnelles de la régulation du secteur sanitaire. Il poursuit ses recherches en sociologie économique et sur les politiques de santé en portant intérêt aux transformations institutionnelles et aux savoirs économiques".

Il a déjà fourni son expertise par le passé à plusieurs organisme nationaux de santé (ANSES ou la Haute Autorité de Santé). Son éclairage portera sur l'impact de l'épidémie de Covid-19 sur le système de santé français.

  • Lila Bouadma, travaille au service de "réanimation médicale et infectieuse", selon le site des Hôpitaux de Paris. Elle est l'un des médecins de l'équipe, qui a travaillé directement avec des malades graves du coronavirus à l'hôpital Bichat. Interrogée par Franceinfo, elle explique recevoir des patients de "tous les âges, à partir de 30 ans. De 30 ans à 77 ans."
  • Simon Cauchemez est modélisateur à l'Institut Pasteur. Son travail est de développer des méthodes statistiques et mathématiques afin de mieux comprendre et anticiper la propagation d'agents pathogènes dans les populations humaines. Ses compétences permettront d'estimer les dégâts potentiels de l'épidémie du nouveau coronavirus à court et moyen et terme.
  • Pierre-Louis Druais est médecin généraliste et vice-président de la commission recommandations de la Haute Autorité de la Santé. Cette commission a pour "mission de valider les recommandations destinées aux professionnels de santé et aux pouvoirs publics en termes de bonne pratique ou d’organisation des soins". 

Ce médecin était par exemple intervenu sur BFMTV en novembre 2019 au sujet de la bronchiolite - une infection des petites bronches touchant des centaines de milliers de nourrissons chaque hiver - afin de déconseiller le recours à la kinésithérapie, habituellement prescrit.

Le chercheur avait été longuement interrogé sur BFMTV le 27 février, au sujet du nouveau coronavirus, ce alors que seulement 38 cas, et deux morts, avaient été recensés en France. Depuis, le bilan a grimpé à 127 morts et 5423, selon les derniers chiffres communiqués dimanche.

  • Bruno Lina. Avant la constitution du comité scientifique, ce virologue est intervenu à plusieurs reprises dans les médias pour expliquer le coronavirus. Il est professeur de virologie à l’Université Lyon 1, responsable en maladies infectieuses aux hospices de Lyon, et travaille aussi pour les centres nationaux des virus des infections respiratoires. Le covid-19 est identifié comme une nouvelle maladie infectieuse respiratoire.
  • Denis Malvy est l'un des infectiologues du comité. Il est spécialiste des maladies tropicales au CHU de Bordeaux (Gironde). Son service avait notamment traité un de ses patients atteint du coronavirus avec du "remdesivir", un antiviral qui est étudié pour lutter contre l'épidémie.
  • Didier Raoult, est lui aussi infectiologue, directeur de l'Institut Méditerranée Infection. Il était notamment intervenu pour expliquer les potentiels bénéfices de la chloroquine, un traitement anti-paludique, qui pourrait s'avérer efficace dans la lutte contre le Covid-19. Des tests sont en cours pour étudier cette possibilité de soin.
"Pour l'instant il est curatif", déclarait Didier Raoult sur BFMTV, mais on peut "penser qu'il pourrait être préventif. Dans le paludisme il est à la fois curatif et préventif".

Le Parisien souligne que ces deux derniers experts ont été critiqués après des déclarations en janvier, dans lesquelles ils minimisaient les risques épidémiques pour la France. Yazdan Yazdanpanah avait notamment déclaré sur France 5 dans une émission du 21 janvier à propos du coronavirus: "je pense qu'il peut y avoir un cas (en France, ndlr), mais je pense qu'on va très rapidement le contenir, il ne va pas y avoir d'épidémie en France parce qu'on est préparé".

Salomé VINCENDON