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Coronavirus: après les nouvelles annonces de Macron, ce qui change pour les Français

Faute de décréter clairement "un confinement à l'italienne", le chef de l'État a toutefois annoncé de nouvelles mesures qui devraient empêcher de voir se répéter les images de Français se baladant de manière insouciante, comme ce fut le cas à Paris ce dimanche.

Les images surprenantes de Français en goguette dimanche dans les lieux publics de Paris ne devraient plus être possibles à partir de ce mardi à midi. Du moins est-ce vraisemblablement l'objectif d'Emmanuel Macron qui, durant son allocution télévisée de ce lundi, a annoncé sur un ton martial des "déplacements fortement réduits pour 15 jours au moins" dans tout le pays, y compris dans les départements d'Outre-mer.

Si le mot de "confinement" n'a pas été prononcé par le chef de l'État, son ministre de la Santé lui, n'a pas hésité à l'employer. Ne sont donc dorénavant autorisés que les déplacements qui seront "absolument nécessaires", sous peine de sanction, afin d'endiguer la propagation du nouveau coronavirus en France.

Concrètement, cela veut dire que pour l'heure, nous avons à respecter des consignes similaires - même si pas aussi strictes - à celles de nos voisins italiens et espagnols. Afin de "limiter au maximum les contacts" toutefois, il ne sera plus possible de "retrouver ses amis ou aller au parc", et "seuls doivent demeurer les transports (...) pour se soigner", faire ses courses, faire de l'exercice ou encore "aller au travail quand le travail à distance n'est pas possible", a détaillé le chef de l'État.

Premières mesures jugées insuffisantes

Cette mesure de confinement limité intervient après une série d'autres décisions de plus en plus contraignantes prises ces derniers jours mais qui ont été jugées insuffisantes pour faire face à l'aggravation de la pandémie. En particulier par la communauté médicale, qui a appelé l'exécutif, justement, à imiter les Italiens. 

Le week-end a ainsi été marqué par l'annonce, samedi par le Premier ministre Édouard Philippe, de la fermeture des lieux publics "non-essentiels", comme les restaurants, les bars et les commerces non-alimentaires. Elle s'ajoutait à celle des crèches, des écoles et des universités, annoncée jeudi par Emmanuel Macron au cours d'une première allocution télévisée.

Ces mesures n'ont toutefois pas empêché de nombreux Français de profiter du beau temps en se rendant dans les parcs, ce qui a déclenché une volée de critiques sur "l'incivisme" en pleine épidémie. S'imposaient donc des mesures plus drastiques permettant de "modifier en profondeur les comportements" des Français, a précisé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Longues files devant les supermarchés

Face à l'inquiétude des Français, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a assuré qu'il n'y aurait "pas de pénurie", tout en leur demandant de ne pas multiplier les achats de précaution. Mais en Alsace par exemple, une des régions les plus touchées, des grandes surfaces ont été prises avec de longues files de chariots devant les entrées. Étant donné la nécessité pour certains de s'approvisionner, cela devrait rester possible. Du moins, rien dans les propos présidentiels de ce lundi soir ne semble s'y opposer catégoriquement.

Également sur le plan pratique, de nombreux parents ont fait état, au premier jour de fermeture des écoles, de difficultés pour se connecter aux sites officiels en ligne destinés à faire la classe à la maison.

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Emmanuel Macron

Jules Pecnard avec AFP