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LIGNE ROUGE - Ces volontaires qui testent le vaccin contre le Covid-19

BFMTV s'intéresse ce lundi soir au parcours des dizaines de milliers de volontaires à travers le monde, qui ont accepté que des laboratoires testent sur eux leur vaccin contre la Covid-19.

La course au vaccin anime les laboratoires du monde entier pour trouver une parade au Covid-19. Et pour vérifier qu'un vaccin n'est pas dangereux, mais également qu'il est efficace pour lutter contre le coronavirus, il doit être testé sur l'homme. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans certains pays, des candidats-vaccins sont inoculés à des dizaines de milliers de personnes à travers le monde.

À Fort Lauderdale (Floride, États-Unis), BFMTV est allé à la rencontre de Richard Domanic, 63 ans, qui s'est porté volontaire pour tester un vaccin expérimental.

"C'est important de trouver ce vaccin"

"Plus vite on trouvera un vaccin et un traitement, plus vite on n'aura plus à porter de masque, à être à l'isolement, on pourra reprendre le travail comme avant", explique ce chef de projet dans le bâtiment. "C'est important pour l'économie et la vie des gens qui est bouleversée, donc c'est important de trouver ce vaccin".

Dans l'ultime phase de leurs essais, la phase 3, les laboratoires testent leurs vaccins sur au moins 30.000 personnes. Des volontaires sont aussi appelés dans les phases 1 et 2, mais en moins grand nombre. En France, l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a déclaré rechercher à terme des "dizaines de milliers de volontaires".

Actuellement, huit laboratoires font la course en tête dans cette dernière étape de phase 3.

Signaler de la fièvre, des douleurs, un gonflement...

Richard Domanic a reçu sa première injection il y a environ deux semaines. Depuis, il est suivi à distance par le laboratoire réalisant l'essai.

"Ils vous demandent deux fois par jours de leur transmettre des informations sur votre température, mais aussi de signaler de la fièvre, des douleurs musculaires, des gonflements, des ganglions, ou une quelconque douleur dans le bras", explique-t-il. "Ce sont des questions générales pour voir si vous allez bien et pour vérifier que vous n'avez pas le Covid ou des effets secondaires".

Lui ne signale pas de problème particulier, "pas vraiment de douleurs, une petite gêne" seulement. La clinique spécialisée dans le suivi des participants, qui prend en charge Richard Domanic, n'a elle signalé aucun effet secondaire alarmant chez le reste des volontaires qu'elle traite (environ 600), mais cela peut arriver. Les effets secondaires varient selon les vaccins, la dose injectée et la personne vaccinée.

La moitié des participants reçoit un placebo

Dans le cadre de l'essai clinique de Richard Domanic, "on cherche des gens qui sont en contact avec beaucoup de monde, et qui courent ainsi plus le risque d'attraper le Covid", explique à BFMTV Jennifer Schwartz, infirmière dans la clinique spécialisée dans le suivi des participants. "En plus des gens du bâtiment, on cherche des gens dans les professions médicales, des pompiers, des policiers, des personnes qui travaillent dans l'alimentation, des pharmaciens, des employés de supermarchés..."

Une fois le panel déterminé, et les volontaires rassemblés, la moitié reçoit le vaccin, l'autre un placebo, afin de comprendre les effets réels du remède sur le corps d'un patient, comparés à quelqu'un qui n'a rien reçu. Les volontaires ne sont pas au courant du type de dose qu'ils reçoivent, mais si jamais le vaccin testé sur eux finit par être validé et commercialisé, ils seront tenus au courant de ce qui leur a été injecté. Ainsi s'ils ont reçu le placebo, ils pourront recevoir une dose du vaccin autorisé.

1800 euros de défraiement

Pour participer à cette étude, Richard Domanic dit avoir reçu 1800 euros de défraiement. L'essai auquel il participe doit durer deux ans, mais si les résultats sont prometteurs, la commercialisation pourrait être autorisée plus rapidement.

Début septembre, le laboratoire AstraZeneca, dans l'utime phase de ses tests, avait dû suspendre ses essais mondiaux. En Angleterre, un participant, parmi des dizaines de milliers, avait développé un problème neurologique. "Comme on vaccine des gens en bonne santé, les effets secondaires ne sont pas acceptables, donc il faut être très prudent", explique à BFMTV Pascal Soriot, PDG d'AstraZeneca.

"Pendant ces essais vaccinaux, la procédure, si un événement inattendu se produit, est de tout arrêter, pour l'observer, l'explorer, l'étudier", continue Pascal Soriot. "Et c'est ce qui nous est arrivé, mais c'est très commun. La différence, c'est que d'habitude vous n'avez pas le monde entier qui compte sur vous et vous regarde".
Fabrice Babin et Elodie Noiret, avec Salomé Vincendon