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Woerth caricature la position PS sur les retraites, selon Aubry

Martine Aubry rencontrera le ministre du Travail la semaine prochaine pour parler de la réforme des retraites même si le gouvernement a choisi de caricaturer, selon elle, les positions du Parti socialiste. /Photo prise le 27 mars 2010/REUTERS/Vincent Kess

Martine Aubry rencontrera le ministre du Travail la semaine prochaine pour parler de la réforme des retraites même si le gouvernement a choisi de caricaturer, selon elle, les positions du Parti socialiste. /Photo prise le 27 mars 2010/REUTERS/Vincent Kess - -

PARIS - Martine Aubry a confirmé mardi qu'elle rencontrerait le ministre du Travail la semaine prochaine pour parler de la réforme des retraites...

PARIS (Reuters) - Martine Aubry a confirmé mardi qu'elle rencontrerait le ministre du Travail la semaine prochaine pour parler de la réforme des retraites même si le gouvernement a choisi de caricaturer, selon elle, les positions du Parti socialiste.

Les différentes sensibilités du PS doivent débattre des retraites mercredi lors d'une réunion sans vote du bureau national, repoussée d'une journée, le premier secrétaire et sa délégation ayant été bloqués trois jours en Inde à cause du nuage de cendres volcaniques venu d'Islande.

Dans une tribune publiée la semaine dernière dans Le Monde, l'ancienne ministre des Affaires sociales a tracé les grandes lignes de la réforme que souhaitent proposer les socialistes.

Eric Woerth, qui doit recevoir les chefs de partis dans le cadre de ses consultations sur la réforme, a jugé la tribune insuffisante. "Le PS a une réponse en millions d'euros alors que l'enjeu est en milliards", a déclaré dimanche le ministre du Travail.

Pour la direction du PS, ce n'est pas à l'opposition de présenter un projet chiffré mais à la majorité.

"Nous avons dit que nous avions des propositions et on commence à les critiquer alors même que nous les présentions" et avant que le gouvernement ne dévoile les siennes, a déploré Martine Aubry mardi.

"Nous verrons monsieur Woerth même si on ne sait pas s'il veut vraiment nous insulter ou nous consulter", a-t-elle déclaré à des journalistes, au siège du PS.

Elle a critiqué la méthode du gouvernement, qui souhaite présenter un texte au Parlement en septembre, ce qui laisse deux mois à la consultation des partenaires sociaux et des partis politiques.

LE GOUVERNEMENT "SE MOQUE DU MONDE"

"C'est un sujet trop important (...) pour ne pas prendre le temps", a dit Martine Aubry. "Si on fait cela, c'est qu'on a déjà décidé, sans doute, d'augmenter les cotisations et la durée de cotisation et de prendre un petit chouya aux plus riches pour faire croire que c'est juste", a-t-elle estimé.

Dans son rapport publié la semaine dernière, le Conseil d'orientation des retraites (Cor) estime que le déficit annuel des régimes de retraite pourrait atteindre jusqu'à 114 milliards d'euros en 2050 si rien n'est fait.

"Un gouvernement qui a fait en sorte que la dette publique augmente cette année de 170 milliards d'euros et ne s'en préoccupe pas ne doit pas nous expliquer que 100 milliards en 2050 c'est la priorité à régler en deux mois. C'est se moquer du monde", a dénoncé le premier secrétaire.

Dans les médias, de nombreux dirigeants socialistes ont pris position sur la réforme à venir et des lignes de fracture se sont dessinées entre l'aile gauche du parti et le courant "progressiste", notamment sur l'allongement de la durée de cotisation.

Mais pour Martine Aubry, c'est la position commune adoptée à l'unanimité en janvier par la direction du PS qui fait loi.

Le PS y défend le système par répartition et le départ à 60 ans et réclame une taxation des revenus pour remédier aux problèmes de financement.

"J'essaie d'avancer collectivement", a déclaré Martine Aubry. "Ceux qui s'expriment en dehors, pour moi, ne représentent pas le Parti socialiste."

Laure Bretton, édité par Jean-Baptiste Vey