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Violence en Libye : Fillon "horrifié" , Paris critiqué

Le Premier ministre français François Fillon s'est déclaré mardi horrifié par le déferlement de violence contre les manifestants en Libye. /Photo prise le 9 février 2011/REUTERS/Charles Platiau

Le Premier ministre français François Fillon s'est déclaré mardi horrifié par le déferlement de violence contre les manifestants en Libye. /Photo prise le 9 février 2011/REUTERS/Charles Platiau - -

Alors que montent les critiques sur "l'aveuglement" de Paris envers le régime de Kadhafi, le Premier ministre français François Fillon s'est déclaré ce mardi horrifié par le déferlement de violence contre les manifestants en Libye.

La déclaration du chef du gouvernement intervient alors que montent les critiques sur "l'aveuglement" de Paris envers le régime de Kadhafi, comme ce fut le cas selon l'opposition pour celui de Zine ben Ali en Tunisie.

Une centaine de personnes hostiles au régime du colonel Mouammar Kadhafi se sont rassemblées mardi près de l'ambassade de Libye en France, aux cris notamment de "Kadhafi assassin, Sarkozy complice".

Lors d'un discours devant le Conseil économique, social et environnemental, François Fillon a déclaré que "les aspirations du peuple libyen à la démocratie et au progrès économique et social" devaient être entendues.

"Dans ce pays on meurt de vouloir vivre librement. Je suis horrifié par ce déferlement de violence", a-t-il dit.

"Je veux dire ma consternation et l'émotion de la France devant le nombre de morts. Rien ne saurait justifier le recours à la violence face à des manifestants qui, comme à Tunis ou au Caire, exprimaient simplement leur foi en un avenir meilleur", a-t-il ajouté.

François Fillon a rappelé que le haut commissaire des Nations unies aux Droits de l'Homme avait demandé l'ouverture d'une enquête internationale indépendante et que le Conseil de sécurité devait se réunir à New York.

"LA FRANCE EST RESTÉE AVEUGLE", DIT DUFLOT

Mais pour Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, face aux événements en Libye, "une fois de plus, la France est restée aveugle".

"Les tentatives de réhabilitation de Kadhafi, illustrées par sa visite d'Etat en France en 2007, ont fait long feu", écrit-elle dans un communiqué.

Soulignant que Nicolas Sarkozy "n'hésitait pas à se réjouir des importants contrats d'armements signés avec la dictature libyenne", elle demande au gouvernement de s'expliquer sur l'utilisation de ces armes.

"Les avions qui ont tiré sont-ils les Mirages F1 remis en vol par la Sofema en 2006, dont le contrat fut avalisé par Michèle Alliot-Marie alors ministre de la Défense ?", demande la dirigeante écologiste.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a fait part dans un communiqué de son "indignation" face aux agissements d'un "régime assassin qui se met de lui-même au ban de la communauté internationale".

Le président de République solidaire demande à l'Union européenne la mise sous séquestre des avoirs à l'étranger des dirigeants libyens et de leurs familles et la saisie de la Cour pénale internationale.

Patrick Vignal et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse