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Vel' d'Hiv: malmenée, Le Pen dénonce une "instrumentalisation politicienne"

Marine Le Pen rompt avec la reconnaissance par Jacques Chirac du rôle de l'Etat dans la rafle de 1942.

Querelle d'héritage. Vivement critiquée pour avoir affirmé dimanche que la France n'était pas "responsable" de la rafle du Vel' d'Hiv de 1942, la présidente du Front national s'est défendue lundi dans le Talk du Figaro. "Je condamne évidemment absolument sans réserve le régime collaborationniste de Vichy et les atrocités qu'il a commises ou laissé commettre", a d'emblée précisé Marine Le Pen. "Ma position vise à ne lui donner aucune légitimité".

Une position "gaulliste" d'après Le Pen

Alors même qu'une large frange de son parti s'est construit en opposition avec le gaullisme, la candidate à l'Elysée s'est placée dans la lignée du fondateur de la Vème République: "Un certain nombre de personnes cherchent à opérer toutes les instrumentalisations politiciennes possibles. Là, ça me paraît tout à fait évident, je suis du côté des gaullistes historiques." Si elle exclut de revenir sur les lois mémorielles, Marine Le Pen assume cependant sa rupture avec la ligne établie par Jacques Chirac, qui avait reconnu en 1995 le rôle de l'Etat français dans la rafle.

Elle revient, au contraire, à la ligne autrefois défendue par les gaullistes, jusqu'à ce que le travail des historiens ne disqualifie cette vision plus politique qu'historique: 

"Le régime de Vichy, qui n’était pas la France, puisqu’elle était à Londres, a été frappé d’inexistence juridique par une ordonnance du 9 août 1944, et je rappelle ce que disait Séguin: 'la France réduite à l’impuissance ne peut être tenue pour responsable des fautes de ceux qui la dirigeaient ou qui l’administraient'."

Le Pen réfute être à l'origine de la polémique

Il faut cependant souligner que le texte de loi, dont le premier article affirme que la République française "n'a pas cessé d'exister en droit", ne mentionne à aucun moment "l'inexistence" du régime de Vichy, mais frappe ses actes juridiques de "nullité".

En outre, la présidente du Front national se défend d'avoir lancé la polémique, rappelant s'être contentée de répondre à une question posée par un journaliste de l'émission.

Louis Nadau