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"Vague verte": pour Éric Piolle, "c'est la preuve qu'on n'était pas un accident de l'Histoire"

Éric Piolle à Grenoble, le 17 septembre 2019.

Éric Piolle à Grenoble, le 17 septembre 2019. - JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Le maire de Grenoble, réélu dimanche au terme d'une quadrangulaire, estime que les multiples mairies tombées aux mains des écologistes démontrent que la société a changé et qu'EELV conforte sa place au sein du paysage politique.

Bordeaux, Strasbourg, Lyon et sa métropole, Besançon, Tours, Annecy, Poitiers… Toutes ces villes ont élu à leur tête dimanche un maire estampillé Europe Écologie - Les Verts (EELV). Un nouveau succès pour le parti, après celui de Européennes en 2019. En 2014, Grenoble avait été la seule ville de plus de 100.000 habitants à être conquise par un écologiste. Dimanche, l'édile isérois Éric Piolle a sans surprise été réélu, avec 53,14% des voix au terme d'une quadrangulaire, après avoir récolté 46,68% des suffrages au premier tour.

Depuis dimanche, on parle d'une "vague verte" qui a déferlé sur les municipales. Que vous inspire cette expression? Y a-t-il une "lame de fond verte"?
C'est plus une lame de fond effectivement. Le changement s'est fait petit à petit. Il y a eu les marches pour le climat, la démission de Nicolas Hulot du gouvernement, l'encyclique du pape François (Laudato si, texte publié en 2015 traitant de l'écologie, NDLR). Là, ce qui a changé, hormis à Grenoble en 2014, c'est qu'on est dans l'exercice du pouvoir. Avant, on était plutôt dans une logique de contre-pouvoir. C'est une évolution lente qui se fait, avec un changement d'approche des militants écologistes qui viennent pour faire, et non plus pour dire ce qu'il faudrait faire.

S'agit-il d'un changement pérenne selon vous?
En 2014, les tenants du pouvoir disaient qu'on était un accident, que le monde allait s'effondrer… un peu ce qui a été dit par LR et LaREM lors de ces élections pour empêcher l'élection de maires EELV. Six ans plus tard, au lieu de faire 29% au premier tour, on a fait 47%. C'est la preuve qu'on n'était pas un accident de l'Histoire.

Les régionales en 2021, la présidentielle en 2022… Auréolé de ces bons résultats, EELV est-il en position de force pour aborder les prochaines échéances électorales?
Une position de responsabilité plutôt que de force. Là aussi, le changement va résider dans la constitution d'équipes pour exercer des responsabilités et mener des majorités, et non pas être une force supplétive.

En parlant de force supplétive: en 2017, Yannick Jadot s'était rallié à Benoît Hamon en vue de la présidentielle. Le rapport de force pourrait-il s'inverser aux abords de 2022?
2017, c'était un peu particulier. C'est la première fois en cinquante ans (depuis 1974 avec René Dumont, NDLR) qu'on n'avait pas de candidat à une présidentielle. En 2022, si cet arc humaniste auquel je travaille se réalise, il faudra qu'il n'y ait qu'un candidat, du PS à La France insoumise.

Qui pourrait être incarné par vous?
Pour l'instant, ça n'est pas du tout à l'ordre du jour.

Propos recueillis par Clarisse Martin