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Une majorité de Français considèrent la politique de Macron "injuste" mais conforme à ses engagements 

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- - Illustration - Emmanuel Macron - TIZIANA FABI / AFP

Selon un sondage Elabe "L'opinion en direct" pour BFMTV, les Français reconnaissent dans leur ensemble que le président de la République applique ses promesses de campagne. En revanche, la plupart d'entre eux estiment que la politique de l'exécutif est injuste et ne permettra pas de redresser le pays.

L'une des conclusions du nouveau sondage "L'opinion en direct" pour BFMTV diffusé ce mercredi est sans doute difficile à entendre pour l'exécutif. L'enquête d'opinion pilotée par l'institut Elabe montre que pour une large majorité des Français, Emmanuel Macron et le gouvernement d'Edouard Philippe réforment le pays conformément aux engagements de campagne du candidat à l'Elysée. Cependant, ils sont minoritaires à considérer que la politique menée est "juste", c'est-à-dire que les "les efforts sont équitablement répartis selon les capacités de chacun". Par ailleurs, une majorité des sondés pensent que les initiatives gouvernementales seront inefficaces pour améliorer la situation. 

Une politique jugée inéquitable

Ils sont ainsi 68% à juger que la politique entreprise est conforme aux engagements de campagne d'Emmanuel Macron. Et cette statistique repose sur un consensus. Les hommes comme les femmes, les ruraux comme les urbains, les 18-24 ans comme les retraités voient, pour la majeure partie, une fidélité entre les actes de l'exécutif et la parole du candidat durant la campagne.

Mais au moment de considérer la politique sur le fond, les sondés risquent de faire siffler les oreilles élyséennes ou gouvernementales. Ils sont 69% à évoquer un ensemble "injuste", une iniquité dans les efforts demandés aux différentes franges de la population. Les classes moyennes (29%) et les classes populaires (30%) fournissent parmi les contingents les plus faibles de citoyens trouvant que la politique lancée est juste. Les artisans et commerçants sont les plus bienveillants à l'égard de la direction prise et ne sont toutefois que 41% à parler d'une politique juste.

L'opposition est forte au sein des électorats

Au chapitre politique, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle sont les moins satisfaits. Ils sont respectivement 85% et 83% à faire part de leur désapprobation, tandis que les électeurs de François Fillon et de Benoît Hamon sont 66% et 67% à en dire autant. Les plus approbateurs, les électeurs d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle ne sont que 58% à considérer que les efforts demandés aux uns et aux autres sont équitablement et justement répartis. 

Une large part des personnes interrogées pensent, en outre, que la direction impulsée à la puissance publique sera inefficace pour relancer l'économie (59%), et inapte à améliorer la condition du pays (58%). 

Réformes: "juste ce qu'il faut", "trop lent", ou "trop rapide"? 

Une fois examinées les opinions des français quant au bien-fondé ou non des réformes mises en branle, il s'agit de se pencher sur ce que les citoyens pensent du rythme de celles-ci. Ils sont 42% à dire que la cadence est "juste ce qu'il faut", soit un gain de quatre points depuis la dernière mesure les 1er et 2 août derniers. Les cadres et les retraités sont les plus enclins à apprécier la vitesse adoptée, avec respectivement 44% et 51% d'approbation en leur sein. 

Ils sont en revanche une proportion presque identique à tenir le rythme des réformes pour "trop rapide", soit une progression de 13 points. Ce sont les classes moyennes et populaires (53% et 47%) qui font jaillir les chiffres les plus forts en ce sens. Enfin, 18% des Français, tendance en chute de seize points, se disent que le train va trop lentement. Curiosité dans ce domaine: les 18-24 ans sont 31% à se faire l'écho de ce sentiment, s'inscrivant bien au-delà de la moyenne nationale. 

Bloc contre bloc

Enfin, les électorats définis lors de la récente présidentielle forment deux blocs. Ceux de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Marine Le Pen parlent d'un rythme "trop rapide", ceux d'Emmanuel Macron et François Fillon assurent que la voilure est la bonne. Ainsi, 70% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 58% des citoyens ayant porté leur voix sur Marine Le Pen et 55% des sympathisants de Benoît Hamon jugent que le rythme est trop rapide.

72% de ceux d'Emmanuel Macron et 58% parmi les personnes convaincues par François Fillon trouvent au contraire qu'il est "juste ce qu'il faut". A noter d'ailleurs qu'il existe désormais 17% d'électeurs d'Emmanuel Macron au premier tour du scrutin présidentiel déplorant un excès de vitesse, soit huit points de plus que deux mois en arrière. 

Il est encore un peu tôt pour juger l'action du chef de l'Etat pour bon nombre de Français

Néanmoins, 45% des sondés ont pour avis qu'il est encore trop tôt pour émettre un jugement sur le chef de l'Etat. Ils sont 11% moins nombreux cependant à voir les choses ainsi depuis la précédente mesure les 12 et 13 septembre derniers. Ils sont 39% à se prononcer, trouvant cette action "décevante" et 16% "satisfaisante". 

Les plus déçus des initiatives de l'exécutif sont pourtant ceux qui en attendaient le moins: les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont 60% à évoquer leur désappointement, avec une hausse respective de 11 et 7% de cette opinion. Les électeurs d'Emmanuel Macron au premier tour de la dernière présidentielle sont 52% à affirmer qu'il faut encore attendre pour prendre position, et 36% à se dire satisfaits. 

Echantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 26 et 27 septembre 2017.

Robin Verner