BFMTV

Une conférence de François Hollande annulée après des débordements à l'université de Lille

La conférence de François Hollande prévue mardi après-midi à l'université Lille 2 a été annulée, en raison de violences et de débordements survenus après l'intrusion de manifestants dans l'enceinte d'un amphithéâtre. Ils manifestaient contre la précarité, alors qu'un étudiant s'est immolé par le feu à Lyon vendredi.

La conférence de l'ancien président François Hollande prévue ce mardi à l'université Lille 2 a été annulée, alors que celui-ci a été accueilli par des huées et des violences. L'ancien chef de l'État "regrette que cette émotion se soit transformée en violence", a fait savoir son entourage à l'AFP.

L'accès à la fac de droit a été bloqué par des étudiants dès mardi matin de 7h30 à 9 heures, rapporte La Voix du Nord. Les manifestants étaient venus dénoncer la précarité étudiante alors qu'un jeune homme de 22 ans s'est immolé par le feu devant le CROUS d'une université de Lyon vendredi dernier.

François Hollande placé en "zone de sécurité"

Entre 300 et 400 manifestants se sont rendus devant le siège du CROUS en début d'après-midi, selon le journal régional, pour demander "des mesures rapides" et lutter contre les conditions de vie étudiantes, mettant notamment l'accent sur l'insalubrité de certaines résidences universitaires de la métropole de Lille. 

Les manifestants ont ensuite réussi à pénétrer à l'intérieur de l'établissement vers 14 heures, grâce à des étudiants déjà présents dans l'amphithéâtre et malgré la présence de policiers sur place. François Hollande, lui, était placé en "zone de sécurité".

Il a finalement été décidé vers 15h30 d'annuler la conférence, les conditions n'étant pas réunies "pour que l'ancien président prenne la parole", selon Jean-Philippe Derosier, le professeur à l'initiative de l'événement.

"Une atteinte à la liberté de débattre"

"Il y a une émotion légitime après le geste désespéré d'un étudiant à Lyon et le président la comprend. Il est compréhensible que certains étudiants se soient saisis de la venue d'un ancien président pour médiatiser leurs revendications", écrit un proche de François Hollande dans un communiqué.

"François Hollande a toujours placé la jeunesse et la justice sociale au coeur de son quinquennat", ajoute la même source, qui rappelle les mesures de François Hollande à l'Elysée, en faveur des étudiants. Elle fait référence à "la construction de près des 50.000 logements sociaux, l'augmentation de 30% de l'indemnité minimale de stage, la création de l'aide à la recherche du premier emploi pour accompagner financièrement la période d'insertion professionnelle, la création de trois nouveaux échelons de bourses pour les étudiants issus des classes moyennes et la réévaluation de l'ensemble des bourses".

Des débordements condamnés par plusieurs responsables politiques ce mardi soir. Le ministre de la Culture Franck Riester a notamment réagi sur Twitter, pour dénoncer une "intolérable entrave à la liberté d'expression et à la liberté de débattre!". "Ils forcent les portes d'un amphithéâtre, saccagent des livres et empêchent un ancien président de la République de s'exprimer au sein d'une université", a-t-il ajouté.

Le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure a lui-aussi abondé sur le réseau social: "Empêcher le débat dans une université qui est le lieu même de la controverse libre est une atteinte à nos valeurs communes". Selon lui, viser les socialistes sur la précarité étudiante n'est pas pertinent: "Aujourd'hui qui réfléchit sur la pauvreté étudiante? Les départements socialistes qui souhaitent expérimenter un revenu de base ouvert aux moins de 25 ans contrairement au RSA".

L'association étudiante UNI Lille (Union nationale inter-universitaire) a aussi dénoncé l'action dans la soirée. Dans son communiqué, le syndicat de droite dénonce "une grave atteinte à la liberté de débattre".

Jeanne Bulant