BFMTV

Etudiant immolé à Lyon: plus de 1000 personnes réunies devant le Crous pour dénoncer la précarité étudiante

Près de 700 personnes se sont réunies devant le Crous ce mardi à Lyon.

Près de 700 personnes se sont réunies devant le Crous ce mardi à Lyon. - Gwenaël Windrestin / BFM Lyon

Le jeune homme de 22 ans qui s'est immolé vendredi voulait dénoncer la précarité de sa situation. Plusieurs rassemblements sont prévus ailleurs en France.

Environ 700 personnes se sont réunies ce mardi devant le Crous à Lyon, à l'endroit même où un étudiant s'est immolé vendredi. Un cortège a ensuite pris la direction des quais vers le campus de l'Université Lyon 2, où était inscrit le jeune homme de 22 ans. 

"Nous nous rassemblons pour soutenir cet étudiant qui est encore aujourd'hui hospitalisé. Mais nous souhaitons aussi pointer du doigt le problème de la précarité. Pour nous, cet événement n'est pas un fait divers, c'est un problème politique et social. Nous souhaitons dire aux pouvoirs publics qu'il faut agir", a expliqué Bastien Pereira, porte-parole du syndicat Sud Education, sur BFM Lyon ce mardi matin.

450 euros par mois

Sophie, étudiante en 3e année de sciences sociales, est venue au rassemblement avec une pancarte, où elle dit avoir été "radiée du Crous car hospitalisée". 

"J'ai eu des gros problèmes de santé l'année dernière, je n'ai pas pu assister à certains examens, à cause de ça j'ai dû redoubler et le Crous m'a coupé les vivres", explique-t-elle. "Mes parents ne peuvent pas m'aider, mon père n'a pas de travail. Je suis obligé de me nourrir en faisant les poubelles", ajoute celle qui dit avoir "plusieurs emplois" pour payer son loyer.

En plus de Lyon, à l'appel du syndicat Solidaires Etudiant-e-s, une quarantaine de rassemblements sont prévus ce mardi à travers la France.

Les manifestants se sont rassemblés devant le Crous à Lyon.
Les manifestants se sont rassemblés devant le Crous à Lyon. © BFM Lyon

Vendredi, le jeune homme de 22 ans, brûlé à 90%, avait publié une lettre pour expliquer son geste avant de passer à l'acte. Il avait notamment évoqué ses difficultés financières avec seulement 450 euros par mois. Et il avait justifié son geste par des revendications politiques, accusant notamment "Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE" de "[l'avoir] tué".

"Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser, et du libéralisme, qui créé des inégalités. [...] Mon dernier souhait, c'est aussi que mes camarades continuent de lutter pour en finir définitivement avec tout ça", a-t-il souligné dans ce texte.

A Saint-Étienne, ville dont l'étudiant immolé est originaire, 150 personnes se sont réunies mardi, rapporte l'AFP. Un cousin de la victime a salué "son acte héroïque", lançant aux participants : "continuez à vous battre, c'est ce qu'il voudrait. Qu'il n'ait pas fait ça pour rien".

Benjamin Rieth