BFMTV

UMP : blocage total entre les camps Copé et Fillon

François Fillon et Jean-François Copé

François Fillon et Jean-François Copé - -

François Fillon a refusé mercredi la demande de Jean-François Copé de dissoudre le groupe qu'il a constitué à l'Assemblée. Dans le camp de Jean-François Copé, on estime que les négociations sont terminées. Entre les deux, les militants sont excédés.

Le drame à l’UMP se poursuit sans relâche depuis près de 15 jours et la situation semble plus bloquée que jamais. Mercredi, François Fillon, à l’origine d’un groupe parlementaire dissident à l’Assemblée Nationale a refusé de le dissoudre à la demande de Jean-François Copé. Pour ce dernier, les négociations sont mêmes d’ores et déjà closent. La situation est donc au point mort mais le déblocage pourrait venir de la base. Les militants sont en effet passablement énervés de l’attitude des dirigeants du parti. « On a l'impression qu'il y a 30 excités à Paris, devenus complètement fous, alors que les 330 000 militants de l'UMP souhaitent que l'on sorte de cette situation », explique Damien Meslot, député UMP de Belfort et secrétaire national de l'UMP chargé de la défense.

« Ras le bol des marquis poudrés parisiens »

Sa fédération ainsi que 5 autres se sont rangées derrière la proposition de Xavier Bertrand. L'ancien secrétaire général du parti propose la création d'une "commission des sages", indépendante, qui sera chargée d'organiser une nouvelle élection. « La masse des militants en a ras le bol de voir quelques barons et marquis poudrés parisiens venir devant les médias pour dire des bêtises alors que ce qui est en jeu c’est l’intérêt du mouvement et l’intérêt supérieur de la France, confie Damien Meslot au micro de RMC. Ce que nous leur demandons c’est simplement d’arrêter de penser à leurs petits calculs et petits intérêts et de trouver une solution pour sortir de la crise et être une vraie opposition au gouvernement socialiste ».

« Un feuilleton qui n’a que trop duré »

Dans le camp de Jean-François Copé qui a décidé que les négociations étaient terminées, on joue le retour sur le terrain et le rassemblement comme l’explique Michel Tabarot, secrétaire générale dans la nouvelle équipe de l'UMP. « Il a été décidé d’avancer, de montrer que l’opposition pense à autre chose que la cuisine interne de l’UMP. Et nous sommes impatients d’aller retrouver les militants et les citoyens dans les fédérations. Ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenues. C’est un feuilleton qui n’a que trop duré ».

« Difficile de faire disparaître un groupe qui s’ancre dans le temps »

De leur côté, les députés fillonistes se sont réunis mercredi en fin d'après-midi pour se répartir dans les différentes commissions de l'Assemblée et voir comment organiser dorénavant leur travail. Lionel Tardy, député UMP de la Haute-Savoie et soutien de François Fillon se réjoui d'ailleurs de ce nouveau groupe parlementaire. « Les choses sont claires, je m’épanouie, la ligne politique va sûrement me convenir. Et beaucoup de députés sont dans mon cas. Il reste claire que plus ce groupe s’ancre dans le temps, plus il sera difficile de le faire disparaître. Mais ça, c’est de la responsabilité du secrétaire général ou pour certains, du président actuel ».

« Les députés non engagés doivent monter au créneau »

Mais à l'UMP, il y a pas que les pro-Copé ou les pro-Fillon. Il y a tous les autres parlementaires qui ne sont pas alignés, qui n’ont pris parti pour aucun des deux hommes. Parmi ces élus, Daniel Fasquelle, député UMP du Pas-de-Calais. Mercredi, il a proposé compromis pour mettre un terme à la crise et appelle, sur RMC, à une mobilisation des non-alignés. « Il faut que les députés qui ne sont pas engagés dans les débats que l’on connait depuis dix jours montent au créneau, qu’ils prennent les choses en main, bousculent les évènements pour que l’on trouve au plus vite une solution, lance-t-il fatigué de la guerre interne de son parti. On n’acceptera pas d’entériner cette situation. Nous ne voulons pas d’une UMP coupée en deux. Nous avons besoin des uns et des autres et nous nous battrons dans ce sens ».

Les cotes de popularité de Fillon et Copé en chute libre|||

Dans ce contexte, tant Jean-François Copé que François Fillon ont vu leur cote de popularité dégringoler de six points, à 20% pour le premier et à 38% pour le second, selon un sondage TNS Sofres. Et la chute est encore plus violente chez les sympathisants de droite (-16 pour Fillon à 56%, -15 pour Copé à 34%).

T. de Dieuleveult avec B. Smadja et A. Rosique