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Trois ans de François Hollande à l’Elysée: ce qu’en disent les politiques

Le président de la République fête ce mercredi le troisième anniversaire de son élection. François Hollande s'engage maintenant dans la dernière ligne droite de son quinquennat avec un bilan plombé par un chômage massif. A droite comme à gauche, cet anniversaire a pour beaucoup un goût amer.

6 mai 2012. Il y a trois ans, François Hollande était élu septième président de la Ve République. Mais parmi les 60 engagements du chef de l’État, tous n’ont pas (encore) été tenus. Le candidat socialiste qui promettait d’inverser la courbe du chômage fin 2013 mord la poussière. Le nombre de demandeurs d’emploi a atteint son plus triste record le mois dernier: plus de 3.500.000 chômeurs de catégorie A au dernier pointage.

Un échec flagrant, dénoncé par son prédécesseur: "Le 'Moi président, je réduirai le chômage' est devenu 'Moi président, j'ai assisté impuissant au record du nombre de chômeurs'", a raillé Nicolas Sarkozy. Sans surprise, l’ancien chef de l'Etat fustige le bilan - provisoire - de son successeur. "De mémoire de citoyen, jamais la France n'avait été si profondément trompée", ajoute-t-il. "Il a tant promis et au final si peu tenu. Trois années de tromperies. Quel triste anniversaire", juge le président de l’UMP.

Le président du Sénat estime également que "l’accélération du chômage est l'échec absolu de François Hollande", dans une interview à l'hebdomadaire Valeurs Actuelles publiée jeudi. Selon Gérard Larcher, le chef de l’Etat "a oublié le principal: faire confiance aux entreprises et libérer la compétitivité."

Pour Laurent Wauquiez, "le principal échec, c'est la feuille d'impôt." "Les Français sont pris à la gorge", a déclaré sur RMC le secrétaire général de l’UMP, qui déplore la baisse du pouvoir d’achat des classes moyennes.

Blâmé par l’extrême gauche

La feuille de route du Président est aussi vivement critiqué de l’autre côté de l’échiquier politique. "Ces trois années marquent un échec social avec l'augmentation massive du chômage, un échec financier parce que l'austérité coûte cher au pays et un échec politique avec trois défaites électorales majeures depuis l'élection de 2012", constate Pierre Laurent, le secrétaire national du parti communiste français. "Après trois ans de François Hollande, le défi est de reconstruire une voie nouvelle à gauche", estime-t-il.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il juge ce bilan "totalement négatif". "Voilà, ça arrive", a ironisé le fondateur du parti de gauche sur BFMTV et RMC ce mercredi matin.

Soutenu par son gouvernement

Sans (grande) surprise, François Hollande peut compter sur le soutien de ses ministres. A commencer par Manuel Valls. "Face à une extrême droite qui veut détruire et à une droite qui veut répéter ce qui a mené la France à l’échec, c’est à la majorité d’être fière de ce qu’elle a accompli derrière l’action du président de la République", a déclaré le Premier ministre ce mercredi devant l’Assemblée nationale. "J’ai la conviction que nous sommes en train de réussir", a-t-il ajouté.

Un état d’esprit partagé par le porte-parole du gouvernement. "La France se relève, la confiance économique est de retour et le redressement commence à porter ses fruits", a estimé Stéphane Le Foll. François Hollande "a pris tout à fait la mesure de la fonction", a commenté de son côté commenté Laurent Fabius. "Il fait bien le métier", assure le ministre des Affaires étrangères.

Enfin, le Parti socialiste a également fait part de son enthousiasme sur le parcours du chef de l’Etat. "On s'apercevra à la fin du quinquennat que c'est un homme qui a protégé les Français, y compris d'eux-mêmes", a déclaré Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti.

Selon une récente étude Ifop-Fiducial, 26 % des Français approuvent l'action du président de la République, et 49 % celle de son Premier ministre. Selon 7 sondés sur 10, Manuel Valls serait également un meilleur candidat pour la prochaine présidentielle. Une situation de mauvais augure pour 2017 pour l’actuel chef de l’Etat.

Pierjean Poirot