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Soupçons d'emplois fictifs: François Fillon s'est rendu chez les juges lundi

François Fillon.

François Fillon. - Thomas Samson - AFP

François Fillon s'est rendu lundi chez les juges d'instruction enquêtant sur les soupçons d'emplois fictifs de sa femme et de ses enfants.

Si la campagne présidentielle est bel et bien terminée, François Fillon est toujours englué dans le feuilleton judiciaire des soupçons d'emplois fictifs de plusieurs membres de sa famille. Il s'est rendu lundi matin chez les juges d'instruction enquêtant sur l'affaire, selon le service police-justice de BFMTV.

La voiture de l'ancien Premier ministre, éliminé au premier tour de la présidentielle, est arrivée peu avant 09h00 au pôle financier du TGI de Paris et est repartie vers 10h45.

Sollicité, son avocat Antonin Levy n'a souhaité faire aucun commentaire. De son côté, le parquet national financier n'a ni confirmé ni infirmé cette audition chez les magistrats "en raison du secret de l'instruction".

Refus de répondre aux questions

Le candidat malheureux de la droite a été mis en examen le 14 mars, notamment pour "détournement de fonds publics" et "recel d'abus de biens sociaux".

Lors de ce premier rendez-vous avec les magistrats, il avait refusé de répondre aux questions et s'était borné à lire une simple déclaration, invoquant le "calendrier" judiciaire, "en plein coeur de la campagne présidentielle".

Ancien favori de la course à l'Elysée, François Fillon, avait vu sa popularité chuter après les premières révélations fin janvier du Canard enchaîné sur les emplois fictifs présumés de son épouse et de deux de ses enfants, Charles et Marie, comme assistants parlementaires, et à la Revue des Deux Mondes en ce qui concerne Penelope Fillon.

680.380 euros perçus entre 1986 et 2013

Au total, la discrète Galloise, sans profession connue jusque-là, a perçu 680.380 euros net pour ses contrats à l'Assemblée nationale, sur la période de 1986 à 2013, et 3.500 euros net mensuels pour son emploi dans le magazine littéraire.

Le 14 mars, dans sa déclaration aux magistrats, François Fillon avait défendu la réalité de l'emploi de son épouse, estimant, au nom de la séparation des pouvoirs, qu'il n'appartient pas à l'autorité judiciaire "de porter un jugement sur le travail d'un parlementaire et la manière dont celui-ci s'organise avec ses collaborateurs".

Après la convocation de mars, les juges avaient élargi leur enquête à des soupçons d'escroquerie aggravée et de trafic d'influence.

Penelope Fillon, l'ancien suppléant du député à l'Assemblée Marc Joulaud et l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la Revue des Deux Mondes, sont également mis en examen.

G.D. avec AFP