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Séparatismes: Mélenchon accorde quelques bons points avant le projet de loi à venir

Le leader de la France insoumise, invité ce samedi de Ruth Elkrief, le rendez-vous, est revenu sur le projet de loi censé favoriser l'intégration républicaine et promet de faire de nombreuses propositions quand il sera débattu au Parlement.

"Il y a des choses avec lesquels je serai d'accord." Jean-Luc Mélenchon est revenu lors du rendez-vous de Ruth Elkrief sur BFMTV sur le futur projet de loi contre les séparatismes. Un terme qui ne devrait pas figurer dans le texte qui sera présenté par le gouvernement devant les assemblées, comme l'espérait l'élu de la France Insoumise.

"La loi sur le séparatisme était une sottise inouïe dans son intitulé parce qu'il n'était question dedans que d'un séparatisme", déclare Jean-Luc Mélenchon. "Le titre de la loi a changé on ne parle plus de la même chose. Avant on parlait de séparatisme et maintenant de renforcement de la laïcité", note le député.

Le leader de la France Insoumise annonce même qu'il fera des propositions "comme vous n'en avez pas idée" pour renforcer la laïcité. Hormis celles qu'il présentera, il s'est également prononcé sur certaines avancées présentées par Emmanuel Macron au cours de son discours sur le séparatisme.

Favorable à l'apprentissage de l'arabe à l'école

Jean-Luc Mélenchon soutient notamment la neutralité pour les personnes effectuant une mission de service public, "je suis absolument hostile à ce que le système public, quel qu'il soit, affiche des convictions religieuses".

"Moi-même comme élu politique je m'interdis de parler de mes convictions, religieuses ou pas, philosophiques ou non. Je ne l'impose pas, je vous représente tous", ajoute-t-il.

De la même manière, le député Insoumis juge favorablement l'apprentissage de l'arabe à l'école. "Puisqu'on enseigne les langues étrangères à l'école, je ne vois pas d'inconvénient qu'il y a à apprendre l'arabe ou l'espagnol ou l'italien ou je ne sais quoi encore", plaide Jean-Luc Mélenchon.

"Hostile à l'enseignement à la maison"

Enfin le chef de file des Insoumis défend aussi l'instruction à l'école pour tous les enfants dès l'âge de trois ans: "C'est une position ancestrale de la gauche."

"Je suis hostile à l'enseignement à la maison quand il n'est pas justifié par des questions de santé évidemment ou quand à certains moments de la vie d'un jeune il peut y avoir une difficulté scolaire", souligne le député.

Jean-Luc Mélenchon mesure toutefois que la question religieuse touche "à des engagements extrêmements intimes".

"La loi s'applique à tout le monde, quelle que soit la religion, elle s'applique. Mais devons-nous pour autant dire aux croyants que la loi de la République est au-dessus de la religion? Non, nous ne disons pas ça", déclare-t-il.

Paradoxe sur l'Etat et la laïcité

Reste que selon l'Insoumis, c'est l'islam qui est sans cesse pointé du doigt par l'exécutif dans ce projet de loi et ce, alors que de nombreuses autres situations interrogent sur les rapports qu'entretient parfois encore l'Etat avec la religion catholique.

"Je suis pour renforcer la laïcité en abolissant le Concordat, en supprimant les écoles hors contrat... Je suis contre le fait que le président de la République française accepte d'être chanoine de Latran, contre le fait qu'il soit co-prince d'Andorre avec l'évêque d'Urgell", énumère l'élu de la France Insoumise.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a affirmé plus tôt cette semaine que le terme "séparatisme" ne serait pas dans l'intitulé de ce projet de loi "renforçant la laïcité et les principes républicains". Une texte qui "s'adresse à tous les cultes", assure le ministre.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV