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Sarkozy et Hu Jintao accordent leurs violons sur le G20

Bain de foule pour Nicolas Sarkozy et le président chinois Hu Jintao, à Nice. Les deux chefs d'Etat se sont retrouvés vendredi pour accorder leurs violons sur les objectifs de la présidence française du G20. /Photo prise le 5 novembre 2010/REUTERS/Lionel

Bain de foule pour Nicolas Sarkozy et le président chinois Hu Jintao, à Nice. Les deux chefs d'Etat se sont retrouvés vendredi pour accorder leurs violons sur les objectifs de la présidence française du G20. /Photo prise le 5 novembre 2010/REUTERS/Lionel - -

par Emmanuel Jarry NICE (Reuters) - Nicolas Sarkozy et Hu Jintao se sont retrouvés vendredi à Nice pour accorder leurs violons sur les objectifs de...

par Emmanuel Jarry

NICE (Reuters) - Nicolas Sarkozy et Hu Jintao se sont retrouvés vendredi à Nice pour accorder leurs violons sur les objectifs de la présidence française du G20, sur fond de polémique sur la politique monétaire de Washington.

Le chef d'Etat français souhaitait s'assurer du soutien de la Chine dans sa croisade pour un nouvel ordre monétaire, une des priorités de cette présidence française qui débutera au lendemain du sommet du G20 de Séoul, les 11 et 12 novembre.

"Je sais pouvoir compter sur l'appui de la Chine pour faire progresser trois grands chantiers", a déclaré jeudi Nicolas Sarkozy dans un toast en l'honneur de Hu Jintao : "La réforme du système monétaire international, la question de la volatilité excessive des prix des matières premières et la réforme de la gouvernance mondiale."

Le président Chinois a répondu qu'il soutenait la France "dans ses efforts pour assurer le succès du sommet du G20 de l'année prochaine".

Mais il veut être sûr que la démarche française ne se traduira pas par des pressions accrues en faveur d'une réévaluation brutale de la monnaie chinoise, le yuan, qui seraient jugées inacceptable par Pékin.

La Chine voit dans la démarche française un moyen d'affaiblir l'hégémonie du dollar, estiment économistes et sinologues interrogés par Reuters.

A huit jours du sommet de Séoul, l'annonce par la Réserve fédérale américaine d'une injection massive de liquidités, qui a provoqué un nouvel accès de faiblesse du dollar, a irrité les pays émergents, dont la Chine, mais aussi l'Allemagne.

Le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, y a vu une nouvelle raison de réformer le SMI.

HU JINTAO ET SARKOZY SUR LA PROMENADE DES ANGLAIS

Le président français et son homologue chinois ont fait quelques pas ensemble sur une promenade des Anglais bouclée par d'importantes forces de police et presque déserte.

Une soixantaine d'étudiants chinois cornaqués par une association et venus d'universités voisines ont salué la sortie de Hu Jintao de l'hôtel Negresco en criant "président, président !" et en agitant des drapeaux des deux pays.

Les deux chefs d'Etats sont allés vers eux pour serrer quelques mains avant de gagner la Villa Massena voisine - une imposante bâtisse de la fin du XIXe siècle - pour leur quatrième échange en deux jours, après le trajet de jeudi entre l'aéroport d'Orly et Paris, un premier entretien et un dîner à l'Elysée.

Si les entretiens de jeudi étaient centrés sur les relations bilatérales et ont été suivis par la signature de quelques 16 milliards d'euros de contrats, ceux de vendredi devaient être consacrés aux sujets "globaux".

La Chine a donné un gage de bonne volonté en faisant savoir par la voix de son ministre du Commerce, Chen Deming, qu'elle maintiendrait l'an prochain ses exportations de terres rares.

La production chinoise de ces éléments métalliques naturels très utilisés dans l'industrie, notamment en électronique et dans l'informatique, représente 97% de la production mondiale.

La réduction de 40% des quotas d'exportation chinois cette année par rapport à 2009 inquiète les autres pays industriels.

HU JINTAO REVOIT CHIRAC

En début de journée, Hu Jintao avait rencontré en tête à tête dans son hôtel parisien l'ancien président français Jacques Chirac, qui jouit à Pékin d'une réputation d'ami de la Chine, alors que les prises de position de Nicolas Sarkozy en 2008 ont provoqué une période de tensions entre Paris et Pékin.

A Paris et à Nice, des militants des droits de l'homme ont de nouveau manifesté vendredi pour défendre la cause tibétaine et réclamer la libération du prix Nobel de la Paix 2010, l'opposant chinois Liu Xiaobo.

Pékin a averti vendredi que tout soutien de l'Europe à Liu Xiaobo, qui purge une peine de 11 ans de prison pour subversion. serait perçu comme un affront.

"Ce n'est pas un sujet qui est à aborder entre la Chine et la France", avait pour sa part déclaré jeudi à la presse, à Paris, la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères, Fu Ying. "Liu Xiaobo a violé la loi et donc il est condamné."

Nicolas Sarkozy et Hu Jintao devaient dîner en comité restreint dans un restaurant du vieux Nice.

Edité par Yves Clarisse