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Robert Bourgi révèle les raisons qui l'ont poussé à révéler l'histoire des costumes de François Fillon

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Ce proche de Nicolas Sarkozy est revenu, ce jeudi sur notre antenne, sur cette journée de 2017 où il a pris la décision de piéger François Fillon, alors en pleine campagne pour la présidentielle de 2017.

L'avocat Robert Bourgi, conseiller politique proche de Nicolas Sarkozy et identifié comme l'homme celui qui a été à l'origine de l'affaire des costumes de François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017, est revenu ce jeudi soir sur ce jour où il a décidé qu'il allait piéger l'ancien Premier ministre. 

Deux ans après sa défaite à la présidentielle, François Fillon prenait la parole pour la première fois publiquement ce jeudi soir sur France 2, pour évoquer sa mise en examen et tenter de défendre son honneur.

"Ce qui m'a amené à révéler l'histoire des costumes, c'est son discours à Sablé-sur-Sarthe en septembre 2016", affirme Robert Bourgi à notre micro. "J'ai été ulcéré d'entendre François Fillon, qui se prétend gaulliste, accoler le mot 'mise en examen' au nom du général, et ensuite charger Nicolas Sarkozy en parlant de mise en examen.

En août 2016, le candidat Les Républicains s'en était pris à son rival Nicolas Sarkozy lors d'un discours dans son fief de la Sarthe. Alors que l'ancien président était mis en examen dans deux affaires judiciaires, François Fillon avait lancé: "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?".

"Tu es content de ton discours à Sablé?"

"Au lendemain même de cette réunion, il m'appelle et nous prenons le petit déjeuner au Ritz. J'avais la tête des mauvais jours", se souvient ce conseiller politique face à Bruce Toussaint.

"Je lui ai alors dit: 'Tu es content de ton discours à Sablé?' Comment tu peux, toi le gaulliste, accoler le nom du général à la mise en examen? Comment peux tu nommer Nicolas Sarkozy qui t'a nommé à Matignon et qui t'a conservé cinq années? Il m'a dit: 'oui, mais je le regrette, tu sais l'enthousiasme des militants et tout, je le regrette ...' Alors là je me suis engagé à lui offrir deux costumes au cas où il gagnerait la primaire", raconte encore l'avocat.

Quelques temps après, Robert Bourgi révélera à la presse avoir offert trois costumes Arnys au candidat après sa victoire à la primaire, pour une valeur de 13.000 euros. La révélation fait son effet: la candidature de François Fillon, déjà très fragilisée par les révélations sur son épouse, est définitivement entachée.

"Je voudrais placer François Fillon face à sa conscience", a encore déclaré ce jeudi ce proche de l'ancien président Sarkozy sur notre antenne. "Je regrette beaucoup qu'il (François Fillon sur France 2) ait pu dire qu'il avait eu tort de placer sa confiance en moi lors de l'affaire des deux costumes, alors que pendant des années j'ai défendu sa cause auprès de Nicolas Sarkozy".
Jeanne Bulant