BFMTV

Retraite, territoire, délinquance: ce qu'il faut retenir des annonces de Jean Castex

Du plan de relance économique, à la réforme des retraites en passant par la justice de proximité, le Premier ministre a présenté la ligne directrice du gouvernement pour les 18 mois à venir.

Après l'entretien télévisé d'Emmanuel Macron, Jean Castex a prononcé ce mercredi son discours de politique générale devant les députés. Du plan de relance économique, à la réforme des retraites, en passant par la justice de proximité, le Premier ministre a présenté la ligne directrice du gouvernement pour les deux années à venir. BFMTV.com vous récapitule les annonces de cet après-midi.

  • La lutte contre le chômage, "la priorité absolue"

Le chef du gouvernement promet de s'attaquer au chômage: "C'est avec une méthode nouvelle que nous allons prendre ensemble, à bras le corps, cette crise, avec une obsession en tête, la lutte contre le chômage et la préservation de l'emploi, priorité absolue de mon gouvernement pour les prochains 18 mois", a annoncé Jean Castex.

"Pour tenir compte du contexte de la crise, nous allons aménager la réforme de l'assurance chômage", a poursuivi le Premier ministre. "Ce sera l’un des points que nous aborderons vendredi dans le cadre de la conférence du dialogue social."

Le gouvernement consacrera par ailleurs 40 milliards d'euros à la reconstruction de l'industrie. "Notre industrie s'est affaiblie. (...) Nous sommes aujourd'hui trop dépendants de nos partenaires extérieurs, et insuffisamment présents sur certains secteurs stratégique" a déploré le Premier ministre au perchoir.

Jean Castex a jugé "nécessaire" de mettre en oeuvre la réforme des retraites universelle par points voulue par Emmanuel Macron, mais en la distinguant "très clairement de toute mesure financière, appelée parfois paramétrique".

"La crise nous invite plus que jamais à poursuivre nos objectifs vers un système plus juste et plus équitable (...) Cela implique clairement la disparition à terme des régimes spéciaux", a-t-il précisé.
  • Une attention particulière aux plus jeunes

Jean Castex a annoncé des repas à un euro pour les étudiants boursiers dans les restaurants universitaires dès la prochaine rentrée. Cela concernera 715 804 étudiants.

Un plan jeunesse "sera discuté vendredi avec les partenaires sociaux". L'État y aidera notamment "avec un dispositif exceptionnel de réduction du coût du travail, à hauteur de 4000 euros par an, pour les jeunes de moins de 25 ans, jusqu'à 1,6 Smic, dans toutes les entreprises et pour une durée d'au moins un an".

Par ailleurs, il a annoncé une revalorisation de 100 euros "de façon exceptionnelle" de l'allocation de rentrée scolaire.

  • "Gagner la bataille pour le climat"

Le Premier ministre a affirmé croire "en la croissance écologique" mais "pas à la décroissance verte". Le plan de relance consacrera donc "plus de 20 milliards d'euros" à la rénovation thermique des bâtiments, à la réduction des émissions et au soutien des "technologies vertes", a annoncé Jean Castex.

Un budget "pour réduire les émissions des transports et de nos industries, pour produire une alimentation plus locale et durable, pour soutenir les technologies vertes de demain comme les batteries, pour mieux recycler et moins gaspiller", a détaillé le chef du gouvernement.

"Nous voulons faire de l'économie française la plus décarbonée d'Europe", a fixé le Premier ministre.

Par ailleurs, le plan de relance prévoira "un plan vélo très ambitieux" et "contractualisé" avec les collectivités, ajoutant que d'ici la fin 2021, tous les territoires devront être dotés de "contrats de développement écologiques".

  • Une "réponse ferme" aux "minorités ultra violentes" et à "la délinquance du quotidien"

Le chef du gouvernement promet une "réponse ferme" aux "minorités ultra violentes" et à "la délinquance du quotidien". "Une forme d'impunité s'est installée", regrette le Premier ministre. "J'ai demandé au garde des Sceaux d'enflécher pour créer dans les territoires des juges de proximité", pour réprimer "les incivilités du quotidien".

"Un projet de loi contre les séparatismes sera présenté en conseil des ministres à la rentrée pour éviter que certains groupes ne se referment autour d'appartenances ethniques et religieuses", a ajouté le Premier ministre.

"Lutter contre l'islamisme radical sous toutes ses formes est et demeure l'une de nos préoccupations majeures", a aussi dit le chef du gouvernement.

Les violences conjugales, celles perpétrées en raison d'une couleur de peau ou d'une orientation sexuelle, le racisme et l'antisémitisme "seront combattus avec la dernière énergie", a-t-il affirmé, dénonçant des "faits inacceptables qui exaspèrent à juste titre les Français" et qui "appellent une réponse de l'Etat ferme et sans complaisance".

Par E.P avec AFP