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Régionales: Muselier assure qu'il n'y aura pas d'accord LR/LaREM en Paca

Renaud Muselier et Jean Castex réunis le 5 janvier 2021 pour la signature à Toulon du contrat Etat-région

Renaud Muselier et Jean Castex réunis le 5 janvier 2021 pour la signature à Toulon du contrat Etat-région - NICOLAS TUCAT © 2019 AFP

Renaud Muselier, qui emmène la liste LR dans la région Sud, faisait l'objet d'un tollé jusqu'au sein de sa famille politique après le retrait en sa faveur de la liste de la majorité. Dans un communiqué de presse publié ce mardi, il a martelé qu'il n'y aurait pas d'accord entre lui et la majorité d'ici au scrutin.

Renaud Muselier, président sortant de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et qui compte bien continuer à présider le Conseil régional de la région Sud, fait l'objet d'une polémique au sein de sa propre famille. Devant l'annonce du retrait de la liste de La République en marche, certains en son sein l'accusaient d'avoir conclu un accord avec la majorité. Renaud Muselier a tenu à mettre les choses au clair ce mardi à travers la publication d'un communiqué:

"Je veux redire clairement comme je l’ai dit depuis le début qu’il n’y a pas et il n’y aura pas d’accord à quelque niveau que ce soit avec En Marche, pas plus qu’avec d’autres appareils, mais je suis sensible à tous les soutiens qui se manifestent."

En d'autres termes, Renaud Muselier garantit donc qu'il ne cherchera pas d'accord partisan entre la droite qu'il incarne et le mouvement lancé par Emmanuel Macron mais ne voit pas de raison de renier le soutien que lui a apporté le Premier ministre dimanche dernier.

L'investiture par pertes et profits

C'est en effet Jean Castex qui avait annoncé, au cours d'un entretien avec le JDD, le retrait de la liste LaREM en vue du premier tour des Régionales fixé au 13 juin prochain. Il n'hésitait pas, lui, à parler d'accord. "C'est un accord pour des élections régionales, il est prématuré de parler d'autres échéances", avait notamment lâché Jean Castex. Exit donc la liste menée par Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées. Le chef du gouvernement prévoyait cependant: "Des représentants de la majorité parlementaire vont intégrer le dispositif conduit par Renaud Muselier".

Autant dire que cette série de déclarations avait allumé la mèche chez les Républicains, leur patron, Christian Jacob, laissant tomber sa sentence dans un communiqué paru dans la foulée: "Après l’annonce des petites manœuvres électorales en PACA par Monsieur Castex, Renaud Muselier, conformément aux règles des Républicains qui imposent qu’il n’y ait aucun accord de 1er tour avec LREM, ne pourra pas bénéficier de l’investiture LR".

"Une équipe dont la colonne vertébrale sera naturellement LR"

Il devenait donc urgent pour Renaud Muselier de redresser la situation sous peine de perdre le contact avec sa formation politique historique. Dans le texte qu'elle a diffusé ce mardi, il écrit ainsi: "Depuis quelques jours tout et son contraire ont été dits. Il est nécessaire de clarifier la situation d’autant plus que sur le projet, les orientations, la composition des listes, je serai le seul décideur."

Il a pris acte du choix de Jean Castex, y voyant même un hommage à son travail et à son postionnement: "Le Premier ministre m’a apporté son soutien. C’est la reconnaissance éminente de la qualité de notre bilan et de notre travail. C’est aussi une réponse à la volonté d’ouverture que j’ai à plusieurs reprises exprimées et qu’il partage". 

S'il écarte donc tout accord officiel, il a confirmé que sa liste ferait montre d'une certaine souplesse: "Je conduirai donc une équipe dont la colonne vertébrale sera naturellement Les Républicains. Cette équipe sera fidèle à la majorité régionale plurielle avec nos alliés naturels et des personnalités de la société civile, et tous ceux qui voudront avec nous contribuer au succès de notre projet régional."

Réunion au sommet chez LR

Renaud Muselier résume sa méthode pour la composer d'un sigle évocateur en ces temps de pandémie: "J’étudierai, avec les têtes de listes départementales au cas par cas chaque candidature sur la base de ce que j’ai appelé le test PCR: engagement commun pour le Projet ; Compétence et disponibilité avérée ; engagement absolu pour les valeurs Républicaines".

Le cacique de la droite méridionale a émis son communiqué alors même qu'un comité stratégique des Républicains se réunissait ce mardi matin au siège parisien des Républicains, rue de Vaugirard dans le XVe arrondissement, pour trancher son cas. Reste désormais au comité d'investiture de se réunir à son tour. Voilà qui donnera matière à réflexion à ses membres.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV