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Raffarin veut un remaniement de rupture, dit non à un Fillon 2

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin plaide pour un remaniement gouvernemental de rupture en France et se dit hostile au maintien de François Fillon à Matignon. /Photo prise le 16 juin 2010/REUTERS/Benoît Tessier

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin plaide pour un remaniement gouvernemental de rupture en France et se dit hostile au maintien de François Fillon à Matignon. /Photo prise le 16 juin 2010/REUTERS/Benoît Tessier - -

PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin plaide pour un remaniement gouvernemental de rupture en France et se dit hostile au...

PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin plaide pour un remaniement gouvernemental de rupture en France et se dit hostile au maintien de François Fillon à Matignon.

L'issue de l'opération annoncée dès l'été dernier par le président Nicolas Sarkozy est attendue en début de semaine prochaine. Selon des rumeurs distillées dans la presse, François Fillon serait finalement maintenu alors que le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, avait un temps tenu la corde.

Dans un entretien au Monde publié samedi, Jean-Pierre Raffarin exprime sa désapprobation.

"J'apprécie la personne (de François Fillon). Il revendique la continuité, c'est légitime, mais cette ligne politique ne correspond plus à celle qu'il nous faut. C'est au président de fixer la nouvelle ligne", dit-il.

"Je crains le conservatisme, le statu quo. Il faut une rupture à caractère social", ajoute-t-il.

Jean-Louis Borloo n'est pas le seul à avoir ses faveurs pour Matignon. "Il en a toutes les qualités, mais il n'est pas seul, d'autres parmi les gens d'expérience ou au sein de la jeune et talentueuse nouvelle génération sont à la hauteur".

Il déclare que la majorité doit comprendre que la politique menée depuis trois ans n'a pas eu un bon "impact" électoral, les élections municipales de 2008 et les régionales de 2010 s'étant avérées "catastrophiques" pour la droite, souligne-t-il.

"Si l'on ne parvient pas à créer une nouvelle donne politique durant l'acte II du quinquennat, il n'y a aucune chance que le résultat de 2012 soit meilleur", estime-t-il

Il propose de retenir comme priorités l'emploi, l'éducation, le logement et le vieillissement. Selon lui, il est possible de redéployer des crédits comme le budget consacré au Grand Paris, projet cher à l'Elysée. "Il faut avoir de l'imagination, sortir du train-train administratif".

C'est la première fois qu'un responsable important de la majorité formule des commentaires clairs sur l'orientation de la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy et le choix du Premier ministre qui doit en découler.

Depuis plusieurs semaines, les ministres interrogés sur le sujet ainsi que les principaux dirigeants de l'UMP se contentent de répéter que la décision finale appartient au président de la République.

Dans le même temps, la presse prête des ambitions aux proches du président et diverses intentions à Nicolas Sarkozy portant essentiellement sur son proche entourage, et non sur les postes-clés du gouvernement.

Il est notamment question de permuter Brice Hortefeux et Claude Guéant, qui occupent aujourd'hui respectivement les postes de ministre de l'Intérieur et de secrétaire général de l'Elysée.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Loup Fiévet