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Quotient familial : le moindre mal pour François Hollande

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC - -

François Hollande a préféré réduire le quotient familial plutôt que de toucher aux allocations. Le secret aura été bien gardé, pour une décision à haut risque politique.

Et le chef de l’Etat assure lui-même le service après-vente de sa réforme, qu’il qualifie de « plus juste, plus simple et plus efficace », parce qu’elle ne concerne « que 12% des ménages, les plus aisés », déclare-t-il dans les colonnes du journal La Provence, avant son déplacement à Marseille cet après-midi. François Hollande et Jean-Marc Ayrault avait exigé de leurs services le silence le plus total autour de cette annonce sensible. La décision était déjà dans les tuyaux depuis de longs jours. Les deux scénarios avaient été maintenus, avec deux versions du dossier de presse pour brouiller les pistes. « On a su que tard dimanche, après 20h », reconnaît un membre de cabinet.

Et pourtant, il y a eu une faille, le secret a été éventé in extremis

Le grain de sable juste avant la conférence de presse hier : le fascicule « vingt pages couleurs », intitulé « pour une rénovation de la politique familiale » a été confié à certains confrères vers 11h. Du coup, Les Echos, réactifs, ont « balancé » l’info sur leur site, avant que Jean-Marc Ayrault ne prononce son allocution sur le perron. Ce qui a provoqué la colère de Christophe Chantepy, le directeur de cabinet de Matignon. Tout ça pour ça.

Jean-Marc Ayrault voulait maitriser la communication d’une annonce potentiellement explosive

L’équation était simple: annoncer une baisse des allocations signifiait toucher au principe d’universalité d’un système dans le marbre depuis 1945, que défend la gauche. Abaisser le plafond du quotient familial revenait, de fait, à augmenter les impôts, et s’attirer les foudres de la droite. L’exécutif a donc choisi le moindre mal : le choix s’est reporté sur le dispositif assez complexe du quotient familial, moins visible que le versement des allocations. Un choix qui a la faveur des associations familiales et des syndicats.

François Hollande avait pourtant promis que les impôts n’augmenteraient pas

Le chef de l’Etat avait déclaré fin mars chez David Pujadas, sur France 2, qu’il n’y aurait pas de nouvelle hausse d'impôts en 2014. Promesse apparemment non tenue, ou non tenable : « il faut sérier les problèmes, et ne pas laisser filer les déficits », se justifiait hier soir le ministère de la famille. C’est un principe de réalité : les caisses sont vides. Et le gouvernement redoute un autre plafond au-dessus de sa tête, celui de la dette.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce mardi 4 juin.

Jean-François Achilli|||

Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV

Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.

>> Suivez-le sur Twitter @jfachilli

Jean-François Achilli