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Qui sont les quatre candidats à la présidence de l'Assemblée nationale?

Le fauteuil de la présidence de l'Assemblée nationale.

Le fauteuil de la présidence de l'Assemblée nationale. - ALAIN JOCARD / AFP

La nouvelle et XVème législature française fait sa rentrée ce mardi. Lors de cette séance inaugurale, le président ou la présidente de l'Assemblée nationale doit être élu(e) à bulletins secrets. Deux hommes et deux femmes briguent ce poste, le quatrième plus important dans l'ordre protocolaire.

C'est l'une des fonctions les plus prestigieuses de la République. Du haut de son "perchoir", le président ou la présidente de l'Assemblée nationale a pour tâche de maintenir l'ordre lors des débats, souvent houleux. Ce mardi, alors que la nouvelle législature sera déclarée ouverte à quinze heures, le successeur de Claude Bartolone doit être élu par ses pairs à bulletins secrets.

Chaque député viendra voter à la tribune, et le président sera choisi pour toute la législature. Trois députés de la majorité présidentielle étaient candidats à cette fonction, la quatrième dans l'ordre protocolaire: un homme, François de Rugy, et deux femmes, Brigitte Bourguignon et Sophie Errante. Ce mardi, d'après nos informations, un quatrième candidat s'est déclaré: Philippe Folliot.

François de Rugy

A 43 ans, François de Rugy est le premier à s'être porté candidat à cette fonction. L'ancien candidat à la primaire du PS et député de Loire-Atlantique avait promis de se désister si l'exécutif voulait une femme au perchoir. Plusieurs noms de femmes ont circulé ces dernières semaines, et Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, a rappelé lundi que le choix d'une présidente serait "un symbole fort".

François de Rugy, député depuis 2007, met en avant son expérience, notamment comme coprésident des élus écologistes et vice-président de l'Assemblée. Ancien membre d'Europe Ecologie-Les Verts, il en est parti en 2015 pour fonder le Parti écologiste. Il promet une Assemblée nationale "plus démocratique, plus efficace et plus moderne", dans la foulée des réformes prévues par l'exécutif.

"On voit bien qu'il y a un procès en illégitimité qui est fait depuis les élections compte tenu du fort taux d'abstention, et il ne faut pas l'oublier", explique-t-il, citant "la réduction du nombre de députés de 30%", "une dose de proportionnelle", "la limitation à trois du nombre de mandats parlementaires, et je me l'applique à moi-même".

Le député de Loire-Atlantique François de Rugy, le 30 mars 2015.
Le député de Loire-Atlantique François de Rugy, le 30 mars 2015. © Thomas Samson - AFP

Brigitte Bourguignon

Ses deux concurrentes, elles aussi élues sous l'étiquette La République en marche, ne se sont déclarées que vendredi. A 58 ans, Brigitte Bourguignon est élue du Pas-de-Calais depuis 2012, où elle a succédé à Jack Lang, et ancienne adjointe au maire de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier. Elle a longuement travaillé au centre d'action sociale de la ville, avant d'être fonctionnaire territoriale au conseil général du Pas-de-Calais, comme le souligne LCP. En 2015, elle a remis au Premier ministre de l'époque un rapport sur le thème "Reconnaître et valoriser le travail social". 

Cette ancienne socialiste a été secrétaire nationale au PS en charge du sport et a soutenu Manuel Valls lors de la primaire de la gauche. Pour la présidentielle, elle a soutenu Benoît Hamon, avant de se rallier à Emmanuel Macron pendant l'entre-deux tours. Elle a été exclue du Parti socialiste après avoir brigué l'investiture LREM pour les législatives. A l'Assemblée, elle veut contribuer à vulgariser les travaux parlementaires auprès des citoyens et verrait d'un bon oeil la victoire d'une femme, surtout dans cette "Assemblée féminisée". 

  • "La fabrique de la loi est devenue illisible. Avec la dernière mandature de Claude Bartolone, les choses sont devenues plus transparentes, mais il y a encore beaucoup à faire", explique la députée à La Chaîne parlementaire.
Brigitte Bourguignon, le 2 septembre 2015 à Paris.
Brigitte Bourguignon, le 2 septembre 2015 à Paris. © DOMINIQUE FAGET / AFP

Sophie Errante

Sophie Errante, élue de Loire-Atlantique âgée de 45 ans, entame elle aussi son deuxième mandat comme députée et a été élue en 2012 sous l'étiquette socialiste. Peu connue du grand public elle aussi, elle a été maire à deux reprises et est une ancienne cheffe d'entreprise dans l'import-export.

Comme présidente, elle souhaite notamment travailler à "la réconciliation de l'Assemblée avec ses concitoyens" et à une "fabrique de la loi plus compréhensible".

  • "Une femme présidente de l’Assemblée nationale, ce serait bien, non? Emmanuel Macron est pour l’égalité réelle, alors autant commencer par l’Assemblée même si elle s’est bien féminisée avec les dernières législatives", fait-elle valoir, interrogée par LCP.
Sophie Errante à l'Assemblée nationale, le 9 juillet 2014.
Sophie Errante à l'Assemblée nationale, le 9 juillet 2014. © JACQUES DEMARTHON / AFP

Philippe Folliot

Candidat surprise annoncé ce mardi, Philippe Folliot est député du Tarn. S'il s'est réclamé de la majorité présidentielle aux législatives, il n'a pas été officiellement investi par LREM, et son nom ne figurait pas dans la liste des candidats définitifs. Troisième vice-président de l'UDI, l'élu entame son quatrième mandat, le dernier, d'après ses déclarations à la Dépêche du Midi. D'après L'Obs, il a été le premier député de l'opposition à rejoindre Emmanuel Macron, et il fait partie du comité politique d'En Marche depuis mars 2017. 

Philippe Folliot à l'Assemblée nationale le 25 novembre 2015.
Philippe Folliot à l'Assemblée nationale le 25 novembre 2015. © JACQUES DEMARTHON / AFP
Charlie Vandekerkhove avec AFP et Jean-Rémi Baudot