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Quel effet Euro 2016 pour François Hollande?

"Il y a toujours des esprits un peu tourmentés ou inquiets", a déclaré François Hollande près d'Arras le 7 juin 2016.

"Il y a toujours des esprits un peu tourmentés ou inquiets", a déclaré François Hollande près d'Arras le 7 juin 2016. - Philippe Huguen - AFP

L'Euro est quand même une "victoire pour la France": François Hollande s'est félicité de l'organisation sans accroc majeur de la compétition et espère bien capitaliser sur cette parenthèse malgré la défaite des Bleus en finale.

Ce n'est pas une défaite des Bleus en finale de l'euro contre le Portugal au stade de France (0-1) qui gâchera la belle humeur du chef de l'Etat. Au moment de recevoir le onze national à déjeuner à l'Elysée, François Hollande a assuré que l'euro était tout de même "une victoire pour la France", au moins au point de vue de l'organisation. Il ne dit pas autre chose que la veille quand, peu avant le coup d'envoi, il avait remercié "les supporters, les bénévoles et les forces de l'ordre" pour leur action. 

51 rencontres, 49 sans accroc

Bien sûr, les Parisiens ne descendront pas les Champs-Elysées, les Français ne prolongeront pas la fête tout au long de l'été, et rater le titre d'un cheveu ne devrait pas doper la consommation mais l'exécutif souligne que réussir l'organisation d'un tel tournoi dans un contexte aussi tendu sur le plan sécuritaire était une gageure et qu'il l'a relevée.

Il faut dire que quelques mois après les attentats du 13 novembre et alors que trois jours après le début de l'euro Larossi Aballa tuait un couple de policiers de Magnanville à son domicile, le pays hébergeait pas moins de 1,5 millions de supporters étrangers pour 51 rencontres. Celles-ci se sont déroulées sans accroc majeur à l'exception du match Angleterre-Russie disputé à Marseille et autour duquel hooligans des deux pays se sont affrontés et d'une cinquantaine d'interpellations au Champ-de-Mars au soir de la finale. 

1,2 milliards d'euros de gain

François Hollande espère aussi concrétiser l'occasion au plan économique. Les retombées de l'Euro en France avaient été évaluées à 1,2 milliards d'euros. De quoi appuyer son "ça va mieux".

Manuel Valls ne s'y trompe pas. Usant de la métaphore footballistique après la demi-finale évoquant ces Bleus qui "n'étaient pas favoris" mais qui "ont joué leur partie avec leur style, sans complexe et avec un sacré mental", il a tenu à affirmer que selon lui rien n'était fait encore pour la Présidentielle 2017 et que le pouvoir sortant pouvait encore l'emporter. 

Cependant, un adversaire de poids ne va pas tarder à faire face à nouveau au gouvernement. Si la loi Travail est revenue, pendant l'euro, devant l'Assemblée nationale en vue d'une possible adoption le 20 juillet, les syndicats ont d'ores et déjà annoncer qu'il fallait s'attendre à des mouvements sociaux à la rentrée de septembre. D'ici là, l'effet euro aura eu tout le temps de se dissiper. 

R.V avec AFP