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Quand Macron demandait aux Français de "tenir encore quatre à six semaines" début mars

Le président français Emmanuel Macron, le 17 mars 2021 à l'Elysée, à Paris

Le président français Emmanuel Macron, le 17 mars 2021 à l'Elysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le 1er mars, le chef de l'Etat avait annoncé qu'un début de sortie de crise pourrait se profiler début avril, mais la situation sanitaire actuelle contredit ses prévisions.

Il faut "tenir encore quelques semaines, quatre à six semaines", avait lancé le 1er mars le président français Emmanuel Macron, lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis. Mais un peu plus de quatre semaines après ces déclarations, la situation ne semble pas prête à se résoudre.

Les indicateurs de l'épidémie se sont en effet fortement dégradés au courant du mois de mars. Le nombre de patients en réanimation a dépassé les 4900 lundi, soit le pic de la deuxième vague de novembre, alors que la France connaissait un confinement léger. Les soignants ont alerté à plusieurs reprises sur la saturation de leurs services: le taux d'occupation des lits est à 100,3% au niveau national, il atteint près de 150% dans les Hauts-de-France.

Des "phases de gros temps, de remous, difficiles"

La déclaration du président français avait été reprise dans les heures suivantes par d'autres membres du gouvernement, qui donnaient la même échéance.

"Le couvre-feu et les mesures actuelles seront un minimum sur les quatre à six prochaines semaines et nous espérons évidemment ne pas aller au-delà à l'échelle du pays", avait déclaré le soir du 1er mars sur France 2 le ministre de la Santé Olivier Véran. "Nous espérons évidemment que d'ici quatre à six semaines on puisse retrouver davantage de libertés".

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait lui alerté le lendemain sur les "phases de gros temps, de remous, difficiles" à venir avant une amélioration "au mois d'avril/mai". "Les semaines qui arrivent vont être difficiles", avait également déclaré le Premier ministre Jean Castex. Il semble que la France se situe donc toujours à cette étape plus compliquée.

L'Elysée avait précisé à BFMTV, à la suite des prises de paroles de l'exécutif, que cet horizon de la mi-avril n'était pas synonyme de libération totale des restrictions, et que d'autres mesures pourraient être mises en place courant mars. Ce fut bien le cas. 19 départements font actuellement l'objet de restrictions supplémentaires, dont la fermeture de commerces et l'interdiction de se déplacer au-delà de 10 km sans attestation.

Les effets de la vaccination attendus

Le palais présidentiel avait également expliqué que ce calendrier avait été pensé en référence à l’avancée de la vaccination en France. L'idée était que début/mi-avril, plus de Français seraient vaccinés, et qu'il y aurait des avancées sur les traitements anti-Covid-19, ce qui permettrait d'observer une diminution de l'épidémie. Les premiers effets de la vaccination se sont en effet fait sentir chez les personnes âgées, prioritaires pour le vaccin.

"Actuellement, on voit déjà les premières conséquences de la vaccination dans les Ehpad. Très peu de résidents sont admis à l’hôpital, en comparaison de l’année dernière", déclare dans Le Figaro Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France. "On a en revanche un rajeunissement des malades parce que ces populations n’ont pas été vaccinées".

"Fin mars, 48 % des personnes âgées de 75 ans et plus vivant à domicile ont au moins reçu 1 dose du vaccin contre le Covid-19 et 24% ont même reçu les 2 doses. Au total, cela représente plus de 3 millions de personnes", écrit le site de l'Assurance Maladie. Mais au total, seulement 11,95% de la population a reçu une dose de vaccin, et 4,04% les deux doses. L'arrivée fin avril en France de 500.000 doses du vaccin Johnson & Johnson, qui se fait en une seule fois, pourrait accélérer la campagne.

En attendant que les effets de la vaccination aient plus d'incidence sur la situation sanitaire, les soignants poussent au reconfinement, ou au moins à la mise en place de mesures plus strictes. Lors de sa prise de parole ce mercredi soir, Emmanuel Macron pourrait faire l'annonce de nouvelles restrictions.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV