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14-Juillet: pourquoi Charles de Gaulle est triplement célébré en 2020

Le général Charles de Gaulle (image d'illustration)

Le général Charles de Gaulle (image d'illustration) - Brightcove

En cette "année de Gaulle", un hommage sera rendu au célèbre général au début du défilé du 14-Juillet.

Le général Charles de Gaulle, auquel est rendu un hommage ce mardi lors des cérémonies du 14 juillet, est célébré cette année à l'occasion d'un triple anniversaire : celui de sa naissance, il y a 130 ans, celui de l'appel du 18 juin 1940, et celui de sa mort en 1970.

"Le défilé débutera par un hommage à cette figure illustre de notre histoire", écrit l'Elysée dans un comuniqué. "Héros de la Première Guerre mondiale, combattant visionnaire, chef de la France libre, fondateur de la Ve République, le général de Gaulle marque encore notre temps de son empreinte".

• Les 130 ans de sa naissance

Le 22 novembre 1890, Charles, André, Joseph-Marie de Gaulle naît dans la maison de sa grand-mère maternelle, au 9 rue Princesse, à Lille (Nord). Troisième d'une famille de cinq enfants, il passe son enfance à Paris, dans le VIIe arrondissement. Descendant d'une longue lignée de nobles sans fortune, le jeune Charles entre en 1909 à l'école militaire de Saint-Cyr et choisit l'Infanterie.

A la veille de la Première Guerre mondiale, affecté au 33e RI à Arras, de Gaulle ne cache pas l'admiration qu'il porte à son colonel, Philippe Pétain. En août 1914, son régiment est envoyé en Belgique et lui blessé une première fois à Dinant, puis, promu capitaine, il est de nouveau blessé dans la Somme en mars 1915, et enfin à Douaumont l'année suivante avant d'être porté disparu devant Verdun.

Capturé par les Allemands, Charles de Gaulle est interné. De retour en France en décembre 1918, il est détaché près de l'armée polonaise pour combattre l'armée bolchevique de Boudienny. Vainqueur, il regagne le sol français en 1921 et se marie avec une fille de notables de Calais, Yvonne Vendroux. En 1934, la famille s'installe à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne).

• Les 80 ans de l'appel de Londres

En mai 1940, alors que l'armée allemande déferle sur la France, de Gaulle lance ses blindés à la contre-attaque. Nommé général à titre temporaire, il est appelé au gouvernement. Mais le 17 juin 1940, le gouvernement démissionne et Pétain propose l'armistice.

La notoriété de de Gaulle, éphémère sous-secrétaire d'Etat à la guerre d'un gouvernement démissionnaire, ne dépasse pas alors un cercle restreint de parlementaires et de militaires. Il part à Londres et apprenant la demande d'armistice, lance le 18 juin sur les ondes de la BBC un appel historique à la résistance, puis crée le mouvement de la "France libre".

"Devant le vide effrayant du renoncement général, ma mission m'apparut, d'un seul coup, claire et terrible. En ce moment, le pire de son histoire, c'était à moi d'assumer la France", écrira-t-il dix ans après.

Il ne pourra remettre les pieds sur le sol de France avant quatre ans. Depuis Alger, il crée le 3 juin 1943 le Comité français de libération nationale (CFLN), devenu un an plus tard le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) qu'il préside. Le 25 août 1944, de Gaulle entre triomphalement dans Paris libéré des Allemands avec les troupes de la division Leclerc.

• Les 50 ans de sa mort

Le 28 septembre 1958, la Constitution de la Ve République est approuvée par référendum. Le 21 décembre, de Gaulle est élu président de la République. Après l'approbation par référendum des Accords d'Evian sur l'indépendance de l'Algérie le 8 avril 1962, il nomme Georges Pompidou Premier ministre et trois ans plus tard, en décembre 1965, est réélu président de la République au suffrage universel face à François Mitterrand.

Mais le monde change et les événements de mai 1968 désarçonnent de Gaulle, alors âgé de 77 ans. Il part le 29 mai rencontrer le général Massu à Baden-Baden (Allemagne), songe à se retirer, puis dissout l'Assemblée et remanie le gouvernement.

Le 27 avril 1969, il constate impuissant l'échec du referendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat à l'occasion duquel il a aussi mis son mandat dans la balance. Le lendemain à minuit onze, il annonce dans un communiqué: "je cesse d'exercer mes fonctions de Président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi".

Le 9 novembre 1970, il s'éteint à Colombey-les-deux-Eglises, foudroyé par une rupture d'anévrisme.

S. V. avec AFP