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Pierre Gattaz "stresse tout le monde", dit Benoît Hamon

Benoît Hamon.

Benoît Hamon. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Le ministre délégué à l'Economie sociale a estimé que les déclarations de Pierre Gattazn e donnent pas l'impression de prendre au sérieux la négociation sociale".

Le ministre délégué à l'Economie sociale, Benoît Hamon, a estimé mardi que le président du Medef "stresse tout le monde, y compris les chefs d'entreprises", avec des déclarations qui "varient", notamment sur le Pacte de responsabilité. "Il faut que Pierre Gattaz arrête de parler (...) qu'il négocie sérieusement comme le demandent les syndicats", a déclaré Benoît Hamon à l'AFP.

"Ce dont les syndicats de salariés ont besoin, c'est d'un interlocuteur qui ne change pas, ce qui stresse tout le monde y compris les chefs d'entreprise", a-t-il ajouté, appelant à "un petit peu de fiabilité et de rigueur dans les déclarations". A propos du Pacte de responsabilité - un allègement de 30 milliards d'euros de cotisations patronales en échange de créations d'emplois -, le ministre a observé que "les pouvoirs publics et le gouvernement prennent des engagements forts" et que "les syndicats sont prêts à engager la concertation". Mais pour lui, "les éléments insécurisants depuis le début, ce sont les déclarations du président du Medef qui non seulement varient, mais ne donnent pas l'impression de prendre au sérieux la négociation sociale".

"Du stress sur le dos des patrons"

Le ministre réagissait aux propos du responsable de la principale organisation patronale française mardi lors d'une conférence de presse. Après ses déclarations polémiques contre toute contrepartie à Washington où il accompagnait François Hollande, Pierre Gattaz a suggéré mardi que l'"observatoire des contreparties" soit rebaptisé "comité de suivi du Pacte", un terme "beaucoup moins agressif", selon lui.

Le patron des patrons a également demandé un "moratoire" sur une quinzaine de projets de loi qui sont aujourd'hui, selon lui, "autant de stress sur le dos des patrons". Parmi eux, il a cité "l'obligation de consulter le comité d'entreprise en cas de vente" d'une société.

"Méconnaissance" de Pierre Gattaz

Pour Benoît Hamon, Pierre Gattaz fait preuve d'"une méconnaissance de ce qui est écrit dans le texte" de la loi sur l'économie solidaire et sociale. Celle-ci prévoit la possibilité que les salariés se portent candidats à la reprise de leur entreprise, en l'absence de repreneur, afin de maintenir l'emploi. Il s'agit, a précisé le ministre, d'une disposition européenne de 2001 que la France est un des derniers Etats-membres à ne pas avoir transposée.

"Je lui proposerais volontiers de faire un moratoire sur la distribution excessive de dividendes qui pénalise l'investissement en France et qui pourrait être une contribution utile à la croissance et à la relance de l'économie française", a ironisé Benoît Hamon. 

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La rédaction