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Pascal Perrineau: "Wauquiez a sans arrêt freiné son langage 'cash'"

Le politologue et ancien patron du centre de recherches politiques de Sciences Po, le CEVIPOF, Pascal Perrineau, est venu ce mardi soir sur BFMTV après que Laurent Wauquiez a livré ses explications sur les propos féroces qu'il a tenus à Lyon devant un parterre d'étudiants.

Ce mardi soir, sur notre antenne, Laurent Wauquiez a cherché à s'expliquer sur les propos, souvent féroces, qu'il a tenus sur le personnel politique devant une classe d'élèves d'école de commerce à Lyon. Après l'intervention du dirigeant politique au micro de Ruth Elkrief, le politologue, Pascal Perrineau, ancien directeur du CEVIPOF, centre de recherches politiques de Sciences Po Paris, a estimé sur notre plateau qu'il s'était pour l'essentiel livré à un exercice convenu: "Il a attaqué qui le président des Républicains? Le système médiatique. On sait qu’à chaque fois, on fait recette avec ça." 

Cependant, il doute de l'efficacité du procédé: "Le problème, c’est que quand vous regardez les enquêtes sur les Français, on voit qu’effectivement ils n’ont que très peu confiance dans le système médiatique mais ils ont encore moins confiance dans les politiques. Cette facilité qui consiste à montrer du doigt les journalistes, venant d’un politique, ça perd beaucoup en crédibilité."

Laurent Wauquiez a martelé qu'il maintenait ses propos lyonnais et a défendu sa "libre parole". Pascal Perrineau a vu les choses autrement: "Il a sans arrêt freiné. Il disait, sur Sarkozy: ‘J’ai dit ça mais je le regrette’. Sur Valérie Pécresse: ‘J’ai dit ça, oui, mais c’était une plaisanterie ‘. Il jouait sans cesse sur un mode mineur. La défense qu’il faisait de son langage cash perdait tout d’un coup un peu de son sel."

"Tout ça participe à une usure" 

Selon le politologue, la communication très offensive du chef de file de la droite risque d'excéder jusqu'aux électeurs de droite:

"La droite depuis dix ans est dans des conflits de personnes perpétuels, conflits portés sur le devant de la scène médiatique et politique avec une dureté incroyable des affrontements, souvenons-nus des affrontements Copé-Fillon, des primaires… Il y a là une agressivité dont les électeurs, et les électeurs de la droite sont las. Tout ça participe à une usure."

Pascal Perrineau a suggéré que cette polémique avait jailli d'une stratégie visant à se faire une place dans l'agenda politique et médiatique: "De temps en temps, quand on veut exister et que la conjoncture est un peu molle, on se demande comment exister?" Il lui a trouvé un prédécesseur: "Il y a la stratégie qu’a explorée, même si ne je ne fais pas la comparaison, Jean-Marie Le Pen au moment où il avait besoin d’exister : ‘Je suis celui par lequel le scandale arrive’. Laurent Wauquiez a été en quelque sorte à Lyon, l’homme par lequel le scandale arrive."

Robin Verner