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"Je suis une cible": Wauquiez se présente en victime du tribunal médiatique

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez - BFMTV

Laurent Wauquiez, président des Républicains, était l'invité de BFMTV mardi soir. Il est venu livrer ses explications après que des extraits de propos acerbes livrés en fin de semaine dernière à des étudiants de Lyon ont filtré dans la presse. Il a choisi d'employer une stratégie de victimisation.

Depuis que ces vendredi et lundi, les extraits d'un enregistrement audio d'un séminaire donné par Laurent Wauquiez à l'EM Lyon en fin de semaine dernière ont été diffusés dans l'émission Quotidien de TMC, et dans toute la presse consécutivement, le président des Républicains est dans la tourmente. Ce mardi soir, face à Ruth Elkrief, il s'est justifié... et de préférence en se présentant comme la victime du système médiatique. 

"Quel est donc mon grand crime?"

Il a commencé par attaquer lourdement les méthodes du journaliste du programme de TMC. "Ce sont des méthodes de voyou", a-t-il accusé. Evoquant une "manipulation", il a poursuivi: "[Le journaliste] a tendu une embuscade". "Il a manipulé l’un des élèves pour le convaincre d’enregistrer mes propos à mon insu pour ensuite en livrer les extraits. C’est donc ça la conception de la déontologie du journaliste, enregistrer quelqu’un à son insu?"

S'il a assuré qu'il allait porter plainte et saisir le CSA, il a surtout tenu à alourdir encore ses coups contre les médias et à appuyer le trait au moment de se peindre en "cible" des journalistes: 

"Quel est donc mon grand crime? C’est d’avoir une parole libre? Je ne peux qu'être songeur quand je vois le cirque médiatique auquel on a assisté depuis quatre jours. Il n’était plus question du pouvoir d’achat et des fermetures d’écoles en milieu rural. C’était devenu le seul sujet obsessionnel", a-t-il posé. 

"Deux poids, deux mesures" 

Il a aussi retourné la controverse en direction d'Emmanuel Macron:

"Vous souvenez vous des propos d'Emmanuel Macron à Mayotte où il avait dit que les embarcations pêchaient du 'Comorien'? Si moi j’avais dit ça que de polémiques aurait-on eues ! Je pense qu’il y a deux poids deux mesures. Il y a ceux que le système médiatique cible et ceux qu’il protège."

Dans la première catégorie, il a placé la plupart de ses prédécesseurs à droite comme Nicolas Sarkozy et François Fillon. "Je suis venu vous dire que ça ne m’impressionne pas, que ça ne me fera pas reculer et que ma détermination n’a jamais été aussi forte", a-t-il déclaré.

"Vous dites que je suis une victime consentante?"

Et quand on lui suggère qu'il a pu se laisser aller à de telles confidences par naïveté, il a réagi: "Quand quelqu’un est volé vous vous demandez si la victime était trop naïve ou vous cherchez le voleur? Vous dites que je suis une victime consentante, vous vous rendez compte?"

Plus tard, il a encore asséné: "Dans ce travail de démolition que certains ont entrepris, je suis une cible". 

Robin Verner