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PS : comment Harlem Désir a été choisi

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Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault ont choisi le numéro 2 du parti pour en prendre la tête, leur choix s'était pourtant d'abord porté sur son adversaire...

La négociation aura duré jusqu'à la dernière minute. Le suspense a finalement pris fin mardi soir : comme attendu, l'eurodéputé Harlem Désir a été choisi par la Première secrétaire Martine Aubry et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour prendre la tête du PS.

Le numéro deux du Parti socialiste, 52 ans, l'emporte sur le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, qui lui disputait la place de premier signataire de la motion à vocation majoritaire, préparée dès juillet par le tandem Aubry-Ayrault en vue du congrès de Toulouse fin octobre.

Réagissant à cette annonce sur son blog, Jean-Christophe Cambadélis s'est dit "déçu mais pas défait" et a appelé au rassemblement derrière le vainqueur.

"Au terme d'une consultation des responsables de notre parti, signataires de notre motion, dans une volonté de rassemblement et de renouvellement, notre choix s'est porté sur Harlem Désir comme premier signataire, et Guillaume Bachelay comme deuxième signataire de notre motion 'Mobiliser les Français pour réussir le changement'", écrivent le Premier ministre et la Première secrétaire.

Consensus

Ces derniers jours, la maire de Lille a multiplié les discussions pour arriver à une solution satisfaisant tout le monde, elle et Jean-Marc Ayrault ayant fini par lâcher leur favori Jean-Christophe Cambadélis, soutenu par le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone. De son côté, Harlem Désir engrangeait les soutiens publics parmi les poids lourds du gouvernement et du Parti socialiste, les hollandais Manuel Valls, Pierre Moscovici, Vincent Peillon et Stéphane le Foll en tête.

La balance ayant finalement penché vers l'ancien président de SOS Racisme, l'affrontement entre les deux camps s'est porté sur le nombre de postes au conseil national (le parlement du PS), les soutiens d'Harlem Désir souhaitant à tout rompre la majorité des pouvoirs, ce que refusaient les aubrystes. D'autant que l'aile gauche du PS, représentée par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli revendiquait elle aussi des postes au conseil national, menaçant de signer la motion finalement portée par le vice-président de la région Ile-de-France, Emmanuel Maurel.

Cuisine interne

C'est finalement François Hollande en personne qui a tranché ce week-end. L'annonce s'est faite par téléphone : Harlem Désir prendra la tête du Parti socialiste et les aubrystes se partageront un peu plus du tiers des postes au conseil national, le député de Seine-Maritime proche de Laurent Fabius et de Martine Aubry Guillaume Bachelay, un court temps évoqué comme premier signataire de substitution, la place de numéro deux. Comme lot de consolation, Jean-Marc Ayrault obtiendra que son ancien conseiller politique Olivier Faure prenne la place de numéro trois, et la gauche du PS une trentaine de postes au conseil national si la motion de "rassemblement" l'emporte.

Car il revient encore aux militants du Parti socialiste, par leur vote, d'en décider. Le vote ne devrait cependant être qu'une formalité : il y a fort à parier que cinq mois après l'élection de François Hollande, les 175.000 adhérents du PS se prononceront pour la motion Aubry-Ayrault et son premier signataire. Le congrès de Toulouse (26, 27, 28 octobre) sera surtout l'occasion de la passation de pouvoirs.