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Primaire de gauche: quand l'ombre de la candidature Hollande pèse sur l'organisation

Le conseil national du Parti socialiste se réunit ce dimanche pour définir les modalités de la primaire de la gauche. Mais pour Marie-Noëlle Lienemann, qui brigue l'investiture, la candidature du président de la République "n'est pas la bienvenue".

C'est une journée cruciale pour le Parti socialiste, dont le conseil national doit décider ce dimanche des modalités de la future primaire de la gauche. Une organisation sur laquelle pèse de tout son poids l'éventuelle candidature du président de la République, François Hollande. Elle même candidate en quête de la précieuse investiture, Marie-Noëlle Lienemann juge qu'une candidature du président de la République "n'est pas la bienvenue" vu son "haut niveau de discrédit".

"Sa candidature n'est pas la bienvenue, elle sera sanctionnée et il vaudrait mieux qu'il décide de ne pas se représenter", a déclaré la sénatrice ce dimanche sur France Info. "Je crois que François Hollande et même Manuel Valls ne sont pas majoritaires dans une primaire de gauche", a-t-elle ajouté.

"François Hollande est arrivé à ce haut niveau de discrédit"

Marie-Noëlle Lienemann a défendu le système des primaires, même pour un président sortant. "La vraie question, c'est comment François Hollande en est arrivé à ce haut niveau de discrédit. Ce ne sont pas les primaires qui sont en cause", a-t-elle jugé.

Réunis en conseil national, les socialistes doivent arrêter ce dimanche les modalités de la primaire de la gauche prévue les 22 et 29 janvier prochains. Le PS, qui avait décidé le 18 juin dernier d'organiser cette primaire avec ses partenaires de la Belle Alliance populaire, doit notamment approuver les modalités de parrainage des candidats, préciser le nombre de bureaux de vote et s'accorder sur la dotation financière octroyée aux candidats.

La question des bureaux de vote

La question des parrainages est la plus consensuelle, chacun étant d'accord pour reprendre les conditions de la primaire de 2011: 5% des parlementaires PS, ou 5% des membres titulaires du conseil national, ou 5% des maires des villes de plus de 10.000 habitants répartis dans dix départements et quatre régions, ou 5% des conseillers régionaux et départementaux de dix départements et quatre régions.

Le nombre de bureaux de vote est l'une des conditions à la participation d'Arnaud Montebourg. L'ancien ministre de l'Économie et du redressement productif estime que 10.000 bureaux de vote sont nécessaires pour une primaire "loyale". Lors de la précédente consultation en 2011, ils étaient au nombre de 9.400. Actuellement, la direction du parti en garantit entre 7.000 et 8.000.

Une enveloppe de 50.000 euros

Reste la question financière qui, selon François Kalfon, donne lieu à des "crispations picrocholines" de la direction du parti. Le conseiller régional d'Île-de-France et proche d'Arnaud Montebourg souhaite que le PS débloque une enveloppe de 100.000 euros, quand le président du comité national d'organisation de la primaire, Christophe Borgel, propose 50.000 euros, avec la possibilité de rembourser a posteriori sur factures au-delà de ce seuil.

Marie-Noëlle Lienemann et Benoît Hamon, issus de la gauche du PS comme Arnaud Montebourg, sont d'ores et déjà candidats, tout comme François de Rugy (Ecologistes !) et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate). Le PRG devrait faire connaître sa décision sur une éventuelle participation en décembre. Quant à François Hollande, ses proches ne doutent pas qu'il sera candidat. Le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, l'a dit mercredi à une quarantaine de députés amis, selon un participant à la réunion. 

Céline Hussonnois-Alaya avec AFP